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Accueil Association pour la Santé mentale en Afrique de l’Ouest (SMAO) Une association pour soutenir les projets de santé mentale en Afrique de l'Ouest
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Association pour la Santé mentale en Afrique de l’Ouest (SMAO)
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Une association pour soutenir les projets de santé mentale en Afrique de l'Ouest

  • Santé : Santé mentale
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par Dr. William Alarcon le 08/04/2014

La clé des projets de solidarité et soutien en santé mentale : un contact local fiable, porteur du projet ; et l’énergie et l’audace pour un accueil favorable et une écoute de qualité.

Naissance d’un projet solidaire dans le secteur des soins de santé mentale

L’idée de créer l’Association pour la Santé mentale en Afrique de l’Ouest (SMAO) est née de plusieurs expériences personnelles de travail en Afrique ; notamment lors de missions en médecine générale avec des ONG burkinabées. Devenu psychiatre par la suite, le Dr Alarcon a pu constater les carences en soins de santé mentale. Il y a deux ans, ayant entendu parler du travail de l’ONG saint Camille de Lellis au Bénin, il les a appelés et a découvert leur travail sur le terrain. Au départ, il s’agissait plutôt d’une démarche personnelle mais, lorsqu’il a été question d’initier un partenariat actif avec cet organisme, il fallu créer une structure qui puisse soutenir cette action. De manière générale, l’objectif de l’association SMAO est de soutenir des initiatives locales qui s’occupent de pathologies psychiatriques.

L’ONG Saint Camille, principal partenaire de la SMAO pour l’instant, opère au Bénin et en Côte d’Ivoire. La population des personnes qu’elle accueille est composée de personnes en situation de souffrance psychique, entre 40 000 et 50000 patients (dont 25000 au Bénin). Les soins proposés s’organisent en 3 phases successives: recueillir, hospitaliser-prendre en charge, et réhabiliter – soit dans le cadre d’une insertion professionnelle, soit par le biais d’un retour en famille. Elle offre également des services de consultation ambulatoire. En soutien à ces activités de terrain, l’aide proposée par l’association SMAO réside principalement dans le financement de projets, s’ajoutent également : l’achat de médicaments, l’envoi de bénévoles et enfin d’autres activités telles que l’organisation de journées annuelles de rencontres pour parler de la psychiatrie en Afrique.

Les principes fondateurs de l’association

L’association est née de la conjonction de deux facteurs: d’une part le constat d’une carence en soins psychiatriques et d’autre part la rencontre d’acteurs locaux, ayant développé une initiative de grande ampleur dans le cadre de la Saint Camille (cf fiche rédigée par Grégoire Ahongbonon : cliquer ici). L’offre de soutien a été bien accueillie par la Saint-Camille, ce qui a permis de jeter les bases d’une collaboration fructueuse.

Jusque-là, les actions humanitaires mises en place en Afrique dans le cadre des systèmes de soins en psychiatrie ont le plus souvent lieu dans des contextes d’urgence (par exemple des actions de prévention en cas de stress post-traumatique, comme après la guerre au Mali). Mais ce sont rarement actions structurelles, visant à développer un système de soin pérenne, perspective dans laquelle l’association SMAO cherche à s’inscrire.

Centre Saint Camille de Lellis queue au registre

Enfin, il convient de souligner que cette action ne s’inscrit pas sans une démarche ethnopsychiatrique, car même si la prise en compte de l’histoire du patient et de sa culture reste fondamentale, le soin des grandes pathologies neuropsychiatriques (Epilepsie, Troubles Bipolaires, Schizophrénie…) nécessite le recours à un traitement médicamenteux adapté, et c’est dans ce domaine (formation à la sémiologie et la pharmacologie psychiatrique) que Smao intervient auprès de ses partenaires.

Une aventure collective

Le point de départ de cette aventure a été un reportage diffusé sur internet portant sur l’action de Grégoire au Bénin, il y a environ 2 ans (cf. lien ici). Suite à un premier contact téléphonique, une rencontre a eu lieu, qui a inspiré l’idée d’un projet de collaboration. La création de l’association, en compagnie de personnes motivées, s’est imposée comme une évidence, afin de donner des bases légitimes à l’élaboration et au financement de projets.

Aujourd’hui l’association est composée de plusieurs psychiatres –certains retraités, de jeunes internes en psychiatrie de la faculté de Montpellier qui sont bien investis dans le projet, ainsi que des médecins et infirmiers. Il s’agit de personnes provenant au départ de l’entourage proches, mais d’autres personnes se sont ensuite investies après avoir connu l’association par le biais du site internet.

 Au quotidien, l’investissement requis est assez conséquent, comme il s’agit d’une structure qui fonctionne sur la base du bénévolat. Les temps consacrés à son fonctionnement sont le plus souvent pris sur des temps libres, en dehors de l’activité professionnelle.

La gestion des ressources

Sur le plan humain : Comme dit précédemment, l’association fonctionne sur la base du bénévolat. Certains d’entre eux sont régulièrement envoyés en Afrique, dans le cadre d’actions de transfert de compétences. Des formations au départ leurs sont proposées, afin de garantir le suivi d’une ligne directrice. Elles sont animées par le Dr Alarcon et le Dr Camille Bergot (interne et vice-présidente de l’association).

Sur le plan financier : Il existe plusieurs sources de financement : Financements propres par le biais des cotisations et parrainages de traitements, mais pour les gros projets, on fait appel à des bailleurs institutionnels (telles que le Rotary, fondation luxembourgeoise, laboratoires pharmaceutiques). L’association SMAO joue alors un rôle d’intermédiaire, entre d’une part, les bailleurs, et d’autre part la Saint Camille qui valide les propositions de projet (écrites en France), avant qu’elles ne soient soumises aux financeurs potentiels.

Enlever les chaînes

Sur le plan technique et matériel : Sur le plan administratif, des expériences préalables dans le monde associatif, comme président d’association « de quartier » avaient permis de rôder le fondateur à la mécanique administrative. Ceci étant, si l’association continue à prendre de l’ampleur (et notamment les budgets qui deviennent assez conséquents), il sera peut être nécessaire de s’entourer de personnes plus compétentes sur le plan juridique : par exemple un comptable. Sur le plan matériel, les locaux nécessaires aux réunions et aux formations sont mis à disposition par le Centre Hospitalier Mas Careiron à Uzès.

Un premier bilan

En Février 2014, l’association est encore relativement jeune, n’étant âgée pour l’heure que d’en an et demi. Ceci étant, plusieurs satisfactions s’en dégagent déjà : elle s’est déjà impliquée dans plusieurs projets, dont certains sont en fin de financement et un vrai partenariat s’est noué avec la Saint Camille. Plusieurs perspectives d’avenir s’annoncent également : notamment la création de 40 centres-relais au Bénin pour aider au maillage territorial du pays. Ces centres sont tenus par des infirmiers, qui n’ont pour l’instant aucune connaissance en psychiatrie. L’idée serait d’amener des formations à ces infirmiers, de sorte qu’ils puissent être en mesure par exemple de renouveler des traitements et détecter des nouveaux cas. Un projet similaire pourrait également être envisagé pour le Togo, le Burkina.

 Ceci étant, l’association reste attachée aux valeurs du bénévolat, qui sont un gage de dynamisme. Il pourrait être souhaitable de la voir grandir pour accompagner tous ces nouveaux projets.

Les leçons qui se dégagent de cette expérience : l’importance d’avoir un contact local fiable, qui soit porteur du projet ; le rôle-clé également de l’énergie et de l’audace qui ont permis d’obtenir à de nombreuses reprises un accueil favorable et une écoute de qualité.

Langue d'origine : Français
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