Aller au contenu. | Aller à la navigation

Accueil Association ALHPI (Accompagner le Handicap Psychique en Isère) Quand les personnes en situation de handicap psychique ne peuvent pas travailler, l'activité de jour comme un "droit à compensation", ALHPI, France
Pour aller plus loin
Association ALHPI (Accompagner le Handicap Psychique en Isère)
  • 12 bis rue des Pies 38560 Saint Paul les Monestier / Sassenage France
  • 04 76 34 08 41
  • foyer.romant@nullalhpi.com
  • Jean-Claude AUCOUR
  • aucour.at@nullalhpi.com
  • Service d'Activité de Jour Antre-Temps ALHPI


Quand les personnes en situation de handicap psychique ne peuvent pas travailler, l'activité de jour comme un "droit à compensation", ALHPI, France

  • Travail et activité : Activités de jour
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par Jean-Claude AUCOUR le 09/07/2012

Notre service contribue à prévenir l'exclusion sociale et à maintenir une dynamique pour les personnes ne pouvant pas travailler (80% des personnes en situation de hand psychique)

Une fois la maladie psychiatrique stabilisée, une reconnaissance sociale qui ne passerait que par un statut de « travailleur handicapé » payé pour accomplir une tâche marchande n'est pas la seule manière de conserver ou retrouver une place dans la société.

Le Service d'Activité de Jour 'Antre-Temps ALHPI' s'adresse à une centaine de personnes de l'agglomération grenobloise en situation de handicap psychique ne pouvant pas (momentanément ou plus durablement) travailler.

Ce service médicosocial a pour vocation, par la mise à disposition d'un programme d'activités variées que les personnes choisissent en toute liberté (musicales, artistiques, culturelles, sportives, culinaires ...), de créer et soutenir du lien (dimension essentielle de lutte contre l'isolement), de favoriser une redynamisation et une remobilisation, et de leur permettre de structurer leur temps, sans toutefois intervenir directement dans leur vie privée.

Sans croire que la seule consommation de loisirs viendrait combler un vide existentiel, le service essaie à sa mesure de permettre aux personnes de faire quelque chose de leur vie et de lui donner un sens qui ne se limite pas à la valeur normative du travail
 

Objectifs

Lorsque l'environnement d'une personne en situation de handicap psychique est inadapté à ses possibilités, il s'agit d'offrir une compensation qui tienne compte à la fois des difficultés de la personne et de la réalité de l'environnement. La vocation du SAJ revient à mettre en place un dispositif permettant aux personnes ne pouvant pas travailler du fait de leur handicap de bénéficier, dans un cadre tolérant et contenant, et selon leurs possibilités, leurs besoins, leur souhait, leur désir, leur projet de vie, leur environnement, d'un ensemble d'activités auxquelles elles n'ont ordinairement pas accès du fait de l'exclusion engendrée par les effets de leur pathologie. Ainsi, Antre-Temps se conçoit d'une certaine manière comme un pendant de l'ESAT, mais sans productivité, sans performance, sans obligation de résultats ni pression, avec pourtant d'innombrables effets. Face aux réalités d'exclusion et de discrimination dont souffrent les personnes du fait de leur pathologie psychiatrique, c'est un droit pour ce public lorsqu'il est exclu de l'activité professionnelle, de pouvoir bénéficier d'un cadre pour la pratique d'activités à visées d'intégration et d'épanouissement personnel.

Étapes

Le SAJ, ouvert en 2004 (philosophie accessible sur www.antre-temps.fr), a dû tenir compte autant de la réalité de l'environnement urbain et étoffé par la complémentarité sanitaire/social/médicosocial (notre action est ainsi différenciée de ce qui se passe déjà ailleurs),que de la spécificité du handicap psychique (variabilité, rechutes, forte présence du soin).

Le rythme et l'assiduité de la fréquentation sont définis par la personne elle-même : ainsi certaines viennent tous les jours, d'autres une fois de temps en temps, ce qui suffit à leur équilibre de vie.

Pour respecter à la fois le taux de remplissage exigé par les financeurs et la réalité de la spécificité du handicap psychique, l'effectif se porte donc maintenant à une centaine de personnes au lieu des 50 qui avaient été arbitrairement initialement prévues à mi-temps. Les personnes s'inscrivent selon un programme d'activités variées et diversifiées choisies en toute liberté

Rappelons que la médiation permet tout à la fois de trianguler la relation professionnel/usager, de relier et rassembler autour d'objets fédérateurs communs à tous, et aussi, par la dimension collective, de limiter une certaine forme de fusion.

Ressources

Le budget annuel s'élève à environ 380 000 €/an pour 5065 journées, soit un prix de journée pour les 25 places ETP de 75 €, entièrement financé par le Conseil Général de l'Isère. En réalité, ce financement s'adresse à quatre fois plus de personnes par ce système de fréquentation souple 'à la carte', au plus près de ce que souhaitent les personnes.

C'est l'association ALHPI (Accompagner le Handicap Psychique en Isère) qui gère le SAJ, ainsi qu'un SAMSAH et un Foyer de réadaptation, et qui parraine par ailleurs le GEM (Groupe d'Entraide Mutuelle) de Grenoble. L'équipe du SAJ est composée de quatre 'professionnels en charge des médiations' (ES, Animateurs, AMP), d'un mi-temps de secrétariat, d'un temps complet de chef de service et d'un mi-temps occupé par deux psychologues (30% +20%).

Une participation financière peut être demandée selon l'activité, modeste ou symbolique (par ex. 1 € pour l'activité cuisine).Ces participations permettent de financer certaines activités proposées à l'initiative des représentants du CVS, qui se situent davantage sur un versant de consommation (par ex. bowling, restaurant, cinéma).

 

Les suites

Si nous avions un conseil à donner à une personne qui souhaiterait reproduire notre action, c'est de s'affranchir du carcan des représentations ordinaires du handicap, qui ne s'appliquent pas pour le handicap psychique : il ne suffit pas de décréter que les personnes vont se tenir à une fréquentation stable et régulière, ni de raisonner (pour un accueil de jour proposant des activités) en termes d'orientation et d'hébergement.

Nous pensons également qu'il faut savoir prendre certains risques, par exemple trouver des dispositifs qui permettent aux personnes de fréquenter le service avant que la notification soit prononcée par la MDPH (plusieurs mois sont requis !), en montant des conventions de partenariat avec d'autres services médicosociaux et de soin.

Les notions 'd'accompagnement médicosocial', pensons-nous, doivent également être ajustées en fonction d'une réalité plus proche d'un 'droit à compensation' (avoir le droit de fréquenter des activités le plus proche possible de celles habituellement dispensées dans le droit commun), avec de nombreux effets 'de surcroît' non pas à viser expressément avec une intention qui se voudrait prédictive, mais à constater dans l'après-coup.

Concours: Concours HANDIPARTAGE 2012
Langue d'origine : Français
Ajouter un commentaire

Vous pouvez ajouter un commentaire en complétant le formulaire ci-dessous. Le format doit être plain text. Les url et les courriels sont transformés en liens cliquables. Les commentaires sont modérés.

Question: 15 - 5 = ?
Votre réponse: