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Changer de regard sur la santé mentale : l’arbre aux idées reçues.

  • Inclusion : Accessibilité
  • Europe : France
  • Fiche candidature

Par Psycom le 20/06/2013

« L’arbre aux idées reçues » pensé par le psycom en collaboration avec le GEM Artame Gallery est une structure en forme d’arbre, à taille humaine, à laquelle sont suspendus des fruits, des fleurs, des tiges, qui cachent un recto / verso informatif : un côté aborde une idée reçue répandue, le verso apporte sa contre vérité, argumentée. Nous allons à la rencontre de publics variés pour engager une réflexion, un débat sur la question de la stigmatisation, de l’exclusion et des réponses que chacun peut apporter.

1. Le contexte

Le Psycom est situé dans le 14e arrondissement de Paris ; nous disposons de 3 bureaux. Il s’agit d’un organisme d'information, de communication et de formation sur la santé mentale. Il aide à mieux comprendre les troubles psychiques, leurs traitements et l’organisation des soins psychiatriques. Ses documents, son site internet (www.psycom.org), ses actions de sensibilisation et de formations s’adressent à toute personne concernée par les questions de santé mentale (patients, proches, professionnels de santé, du social, du médico-social, de l’éducatif, de la justice, élus, journalistes, etc.). Il développe ses actions selon une méthode participative, impliquant les publics concernés, en particulier les personnes concernées par des problèmes de santé mentale. L’information dispensée est accessible et pédagogique pour aider à mieux comprendre la réalité des troubles psychiques et ainsi participer à une meilleure acceptation dans notre société des personnes concernées.
Le projet de l’arbre aux idées reçues s’est déroulé en partenariat avec Le Groupe d’Entraide Mutuelle Artame Gallery. C’est un espace de création individuelle et collective, d’expositions, d’échanges artistiques et culturels et de convivialité. Il s’adresse à des dessinateurs, peintres, sculpteurs, photographes, plasticiens, illustrateurs, vidéastes…fragilisés par un trouble psychique, qui souhaitent rompre leur isolement et valoriser leur savoir-faire. Artame Gallery favorise la dynamique et l’entraide entre les artistes du GEM, collabore avec différents partenaires artistiques et associatifs, pour des manifestations ponctuelles dans le quartier de Belleville et au-delà. Les artistes participent également au fonctionnement associatif (conseil d’administration, groupes de travail et ateliers).

2. La finalité de l’expérience

Les études menées depuis 20 ans montrent que les stéréotypes attachés aux « malades mentaux » comprennent la notion de danger, de peur, l’exclusion de la communauté, l’imprévisibilité, et l’irresponsabilité . La stigmatisation a un fort impact sur le quotidien des personnes vivant avec des problèmes de santé mentale. Le poids du diagnostic et les discriminations qui en découlent représentent parfois une difficulté majeure à laquelle la personne doit faire face. De nombreuses études ont montré que la discrimination touchait différents domaines : emploi, logement, soin (accès, compliance, pronostic) ou relations interpersonnelles.   « L’Arbre aux idées reçues » a été conçu à partir des résultats d’une enquête menée par le Centre collaborateur de l’OMS concernant les représentations sociales de la folie dans la population générale . Le Psycom a réfléchi sur un moyen de communication qui puisse interpeler directement ses stéréotypes, afin de les faire évoluer. Les idées reçues utilisées dans cet outil sont celles mise en évidence par cette enquête et par les personnes directement. L’objectif final de ce mode d’entrée sur la thématique est de permettre l’ouverture d’un dialogue décomplexé laissant la possibilité aux publics rencontrés d’exprimer leurs craintes, leur ignorance et de recevoir en échange une contre vérité argumentée. L’enjeu esthétique prend ici tout son sens : la santé mentale et la déconstruction des idées reçues qui peuvent y être associées ne sont pas des sujets de débat attractif pour le tout venant. La difficulté majeure de cet outil était de susciter la curiosité de personnes ne se sentant pas, a priori, concernées. C’est ainsi que nous avons choisi de nous associer à un groupe d’artistes pour que la dimension esthétique et artistique rendent l’outil attrayant.

3. La mise en œuvre, le déroulement

A l’heure actuelle « L’arbre aux idées reçues » a été expérimenté auprès d’un public majoritairement professionnel du soin lors de salon professionnel. Les équipes administratives des établissements de santé mentale ont également été sensibilisées. Il sera présent lors du prochain congrès de l’association Unafam, fin juin 2013. Cet outil est utilisé à l’occasion d’animation de stands et s’adresse au tout venant sur une journée ou une demi-journée.
La construction de l’outil et son animation sont conjointes entre artistes du GEM et équipe du Psycom. Le projet a été présenté aux membres du GEM avant sa réalisation complète. Lors de cette présentation, un diaporama regroupant les mythes et les contres vérités préparé par le Psycom a suscité des échanges, des débats sur les contenus et sur la forme que devrait prendre ce projet. Cela a permis à tous les acteurs de convenir d’une base commune constituant « L’arbre aux idées reçues » et facilitant sa co-animation. Les artistes du GEM peuvent rebondir sur l’élaboration de l’objet, les symboliques qui ont été intégrées, l’impact de la stigmatisation dans leurs propres parcours et enfin expliquer le rôle du GEM pour valoriser l’action plus globale d’Artame Gallery. Le Psycom interroge les publics rencontrés sur leurs connaissances sur le sujet, sur leurs perceptions de ces maladies et complètent les échanges en apportant des informations (via ses brochures d’information).
« L’arbre aux idées reçues » est une structure en forme d’arbre stylisé, à taille humaine, à laquelle sont suspendus des fruits, des fleurs, des tiges, qui cachent un recto / verso informatif : un côté aborde une idée reçue répandue, le verso apporte sa contre vérité, argumentée. Les fruits et les fleurs qui portent l’information écrite peuvent être manipulés afin d’en découvrir les deux faces. Les animateurs engagent le dialogue et, le cas échéant, le complètent par l’apport d’informations validées. Les deux partenaires partagent l’ambition de changer le regard sur la santé mentale.
Le Psycom a travaillé sur le principe pédagogique de l’outil et un contenu des textes. Les artistes du
GEM ont imaginé et créé l’outil. L’animation est conjointe.

 

4. Les moyens dont vous avez eu besoin ?

L’animation de « l’arbre aux idées reçues » peut se faire à deux : un artiste du GEM et un membre de l’équipe du Psycom.
Le Psycom a financé les matériaux nécessaires à la réalisation de l’outil. L’équipe d’Artame Gallery a travaillé avec des artistes bénévoles.
La réflexion commune en début de projet avec Artame Gallery a permis d’élaborer quelques critères techniques : la structure est démontable facilement et protégée pour supporter les déplacements (vernis). Volontairement nous avons choisi ensemble de concevoir un arbre à hauteur d’homme pour être repérable de loin et permettre d’accrocher le regard, nous devons donc en tenir compte dans l’organisation des évènements.

5. Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui ?

     L’outil interpelle et favorise la discussion libre. Les objectifs visés sont donc atteints.
Les personnes rencontrées apprécient l’originalité du support et la co-animation qui permet de croiser les regards. Les artistes du GEM apprécient l’utilité du support créée, l’utilisation de « L’arbre aux idées reçues » donne vie à leurs créations et défend un combat qui les touche. Le Psycom est quant à lui satisfait de pouvoir travailler avec un outil qui s’inscrit dans l’histoire d’un partenariat qui a du sens et de proposer un support d’animation original et attractif.
Des publics non initiés ont pris le temps d’échanger et ont pu faire part de leurs propres représentations sur les troubles psychiques. A plusieurs reprises les personnes sont venues sur le stand par curiosité et ont pris plaisir à discuter avec l’équipe du Psycom et par la suite avec les artistes présents.
Après la première utilisation les artistes ont de nouveau travaillé sur l’esthétique de l’arbre et amélioré son volume. Nous avons également convenu de la nécessité d’animer cet outil et de le compléter par la mise à disposition des brochures d’information du Psycom. En effet, l’objectif est bien d’amener un dialogue et d’informer or, l’outil seul ne répond que partiellement aux questions des publics rencontrés.
La création d’un outil similaire est tout à fait possible. Seule condition : l’animation de ce type d’outils nécessite que les intervenants possèdent des connaissances sur la thématique et apportent des informations validées. Par ailleurs, l’implication dans l’animation de personnes directement concernées par un trouble ou un handicap psychique est un élément essentiel de pertinence et de réussite.
L’accompagnement du support représente l’essence de l’action, le support, demeure un objet qui doit être animé pour prendre vie et garder du sens. La construction de cet outil peut être l’occasion de créer des partenariats solides autour d’un projet commun, il est donc préférable de travailler ce projet à plusieurs. Enfin, toute action qui vise un changement de comportement à l’égard d’une population discriminée, doit être travaillée en impliquant cette population . Il est donc vivement conseillé de travailler en lien avec des associations d’usagers des services de psychiatrie.
 

 

 

1.Giordana J.Y et al (dir.), La stigmatisation en psychiatrie et en santé mentale, Actes du Congrès de psychiatrie et de
neurologie en langue française, Masson, 2010

2.Caria A., Roelandt J.-L., Defromont L.,  Daumerie N.,  Vandeborre A. (2010) Représentations sociales du « fou », du « malade mental » et du « dépressif » en population générale en France. L'Encéphale, 36(3S1), 7-13

3.Clement, S., Jarrett, M., Henderson, C. & Thornicroft, G. (2010) Messages to use in population-level campaigns to reduce mental health-related stigma: consensus development study.

Concours: Changement de regard - Appel à contributions
Langue d'origine : Français
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