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Après les apprentissages scolaires, quel accompagnement pour les adultes handicapés? Association ESTEL, Sénégal.

  • Travail et activité
  • Afrique : Sénégal
  • Fiche d'expérience

Par corval le 28/09/2010

La demande importante des familles a conduit les responsables de l'association à ouvrir les portes de leur premier centre à une population très hétérogène.


La demande importante des familles a conduit les responsables de l’association à ouvrir les portes de leur premier centre à une population très hétérogène, par l’âge et par la diversité des handicaps traités. Ces différents troubles ainsi que l’échelle des âges devraient normalement conduire à des prises en charge différenciées.

 

L’équipe du centre ESTEL s’est efforcée, devant l’impossibilité de travailler cette différenciation des accompagnements en terme de lieux séparés, d’adapter les moyens présents, en différenciant à minima les espaces du centre et en étudiant un projet personnalisé pour chaque personne selon sa singularité.

 

Aujourd’hui, néanmoins, il faut accepter l’évidence de l’atteinte d’une limite, pour les raisons exposées ci-après, à ce système pourtant novateur et adapté lors sa création.

 

 

Estel, un des quatre centres spécialisés au Sénégal :

ESTEL est une association sénégalaise (loi 1901) reconnue depuis le 30 avril 1999. Son but est d’accueillir dans son centre des personnes déficientes mentales atteintes de diverses pathologies : autisme, psychose, trisomie 21, IMC (Infirme Moteur Cérébral), déficiences profondes

Au mois de septembre 1998, 6 enfants déficients mentaux âgés de 7 à 16 ans ont été accueillis sur le lieu d’habitation de la fondatrice Estelle CORVAL. Au mois de juin 1999, suite à une demande importante d’inscription, nous avons loué une maison de 2 pièces et pris en charge un nouveau groupe de 6 jeunes. En janvier 2001, une salle supplémentaire a été construite avec l’aide de l’association Aquasso, (association qui organise des séjours de rupture avec des jeunes en grande difficulté sociale et qui aide au développement d’associations locales) afin d’accueillir un groupe de jeunes adultes pour une formation professionnelle en culture maraîchère.

En décembre 2006, l’Association ESTEL a intégré ses nouveaux locaux sur la commune d’arrondissement de Ouakam, ville de Dakar. Le bâtiment, composé de salles de classe, d’ateliers à caractère professionnel, salle de psychomotricité, salle d’informatique, bureaux, répartis sur une surface de 500 m2, a été financé par la Coopération Française, la Coopération militaire de l’Ambassade des USA et le Grand duché de Luxembourg. Il a une capacité d’accueil d’environ 50 enfants, adolescents et adultes. Le personnel est constitué de 25 salariés. Chaque groupe est encadré par 2 éducateurs/animateurs. Les activités ont lieu 5 jours par semaine et sont essentiellement basées sur l’autonomie, la socialisation et l’insertion.

44 pensionnaires fréquentent le centre dont 11 filles. Ils sont repartis dans 2 sections en fonction de leur capacité d’apprentissage, âge et pathologie.

 Ø       Section Education et Apprentissages Scolaires : 28

Sous section handicap léger : 18

Classe Initiation : 07

Classe Orientation : 06

Classe Préparatoire : 05

 

Sous section IMC (Infirmité Motrice et Cérébrale) : 10

Yaakaar 1 : 05

Yaakaar 2: 05

 
Ø       Section Formation et Insertion Professionnelle : 16

Classe Formation : 05

Atelier d’aide par le travail (AAT) : 11

 
Les méthodes teacch, borel, macathon entre autres sont utilisées dans la pédagogie et l’accompagnement spécialisé. Il y a 4 centres spécialisés au Sénégal dont ESTEL, ainsi que des classes intégrées comme les classes passerelles de Jeanne d’Arc. La ville de Dakar bénéficie également d’un hôpital du jour : Keur Xaleyi.


Le passage à l’âge adulte et la nécessité de changer de cadre : La création d’un ESAT

Les jeunes qui, à l’époque, étaient âgés de 8, 10,15 ans, sont devenus des adultes.  Allaient-ils continuer à faire de l’apprentissage scolaire et éducatif quand certains parmi eux disaient : « Quand est-ce que je vais travailler ? ». Le cadre spatial ne leur convenait plus. Ils étaient mélangés aux plus jeunes.

 

La problématique de leur insertion socio-professionnelle est donc devenue un objectif de développement institutionnel. Egalement à travers les activités professionnelles qui elles sont génératrices de revenus, nous répondions à la question d’autofinancement des activités du  centre spécialisé.

 

Nous continuons cependant toujours l’apprentissage éducatif et scolaire pour ceux qui ont une progression lente dans leur apprentissage.

 

Nous nous sommes dirigés vers un projet ESAT pour les raisons suivantes :

 

1°/ Tous les professionnels de l’éducation spécialisée reconnaissent qu’un projet thérapeutique peut s’essouffler et perdre de sa vitalité quand il est trop longtemps entretenu avec les mêmes acteurs, sur les mêmes lieux, notamment pour les enfants. Une durée de 4 à 6 ans, selon le projet, devrait être un maximum.

 

2°/ Le changement d’institution (de lieu) et d’équipe de référence prend un effet de maturation (réapprentissage de nouvelles relations, repérage de nouveaux lieux, de nouveaux camarades,….). Il met en jeu les acquis de socialisation. Ce changement est donc nécessaire, même s’il doit être accompagné.

 

3°/ L’actuelle hétérogénéité des âges trouve ses limites en termes de pertinence et de cohérence d’action. Les usagers les plus âgés, laissés dans ces conditions risquent de régresser dans une institution devenue inadaptée à l’évolution de leurs besoins. L’objectif principal étant de leur donner une activité en rapport avec leur maturation physique et psychique et avec la réalité sociale connue à travers la notion de travail. Sans douter que certains, de par leur problématique aigüe, ne pourront bénéficier de cette nouvelle orientation et devront être orientés vers des activités occupationnelles, la plupart seront invités, sur l’exemple de leurs parents ou de manière plus large de la société, à se valoriser à travers un rôle d’acteur socio économique réel, capable de produire de la valeur ajoutée et d’en dépenser la contrepartie. Pour ce faire, un lieu différencié de celui qu’ils ont connu durant leur adolescence et leur première prise en charge au centre ESTEL est impératif, ne serait-ce que parce que les activités professionnelles nécessitent un espace d’organisation plus important et que la sécurité de tous exige que des enfants ne puissent pas intervenir dans des espaces dédiés au travail. La différenciation des locaux du Centre d’Aide par le Travail de ceux de l’actuel centre ESTEL, s’impose donc.

 

Nos craintes ont été le manque d’expérience en la matière et la quasi inexistence des ressources humaines dans le domaine à Dakar, ainsi que la capacité des jeunes à supporter un rythme de travail en atelier. Le frein principal reste le manque de moyens financiers.

La mise en œuvre :

 

Plusieurs étapes ont ponctué la mise en place du projet :

 

-          Février Mars 2008 : Stage de Formation de 2 Administrateurs à Paris pour s’imprégner de l’expérience française en matière d’insertion professionnelle des jeunes handicapés (ESAT, ateliers protégés,….)

 

-          Année scolaire 2008-2009 : création de la section Formation et Insertion Professionnelle.

 

-          Année Scolaire 2009-2010 : création au sein de la section, d’un atelier d’aide par le travail : Stage pratique en menuiserie, espace vert, céramique, cuisine, élevage, etc…

 

-          Octobre 2010 verra la mise en place de 2 ateliers pilotes autonomes et fonctionnels. Avec toutes les commodités : l’atelier d’espace vert et celui d’élevage. 

 

Moyens utilisés :

 

  • Au plan humain, l’étude de faisabilité a été effectuée par Asso entraide universitaire et Solidarité Laïque. Le projet a bénéficié de la création d’une cellule de réflexion (SRERF) comprenant 5 personnes. Un partenariat avec l’association passworld a été noué pour favoriser l’accueil de volontaires.

 

  • Au plan financier, nous avons eu le soutien de Solidarité Laïque.

 

  • Au plan technique, le matériel des ateliers pilotes a été acquis grâce à un partenariat avec Arcanes Entreprises, association française pour les espaces verts.  Pour l’élevage, le matériel des ateliers pilotes vient d’un partenariat avec les ateliers de l’ADAPT en Normandie.

Evaluation :

 

Nous avons partiellement atteint notre objectif. L’insertion sociale, l’autonomie, la valorisation des jeunes à travers une rémunération, l’apprentissage d’un métier sont autant de résultats positifs obtenus. Un nouveau regard sur l’environnement, l’acceptation du handicap de leurs enfants sont des satisfactions du côté des familles.

Mais le manque de moyens financiers, logistiques et humains, d’appui des autorités étatiques et d’implication d’un plus grand nombre de parents restent nos plus grandes difficultés à surmonter.

 

Nous tirons plusieurs enseignements à ce jour de cette expérience :

 

·         Il est possible d’insérer professionnellement les jeunes handicapés, si on parvient à leur trouver des activités professionnelles adaptées.

 

·         Il ya des limites à vouloir accueillir dans un même espace des jeunes ayant des pathologies, âges, et capacités d’apprentissage différentes. 

 

·         La construction d’un CAT regroupant plusieurs ateliers reste nécessaire pour permettre aux jeunes d’avoir un choix dans le métier qu’ils souhaitent exercer.

 

    Langue d'origine : Français
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