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Accueil Fondation Anaissa La Fondation Anaïssa, une réponse à l'absence de lieux d'éducation spécialisée pour les enfants ayant un handicap mental, Douala, Cameroun.
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Fondation Anaissa
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La Fondation Anaïssa, une réponse à l'absence de lieux d'éducation spécialisée pour les enfants ayant un handicap mental, Douala, Cameroun.

  • Enfance : Éducation spécialisée
  • Afrique : Cameroun
  • Fiche d'expérience

Par Florence Nkembé le 29/07/2011

Présentation de la Fondation ANAISSA au Cameroun et de ses actions en faveur des enfants en situation de handicap mental.



Le Contexte au Cameroun dans les années 2000.

La Fondation Anaissa a été créée en 2000. Il n’y avait alors que deux centres à Douala : les Enfants de maman Nono et le FEDEM-Caméléon. Après un séjour de deux mois aux enfants de maman Nono, j’ai mis ma fille Shena au FEDEM-Caméléon. Il y avait un éducateur venu de l’étranger et il a réussi à faire marcher ma fille, qui jusqu’à l’âge de 5 ans ne se déplaçait pas seule. Malheureusement deux mois après que ma fille ait marché il est décédé d’un cancer.  On ne savait pas ce qu’il allait advenir du centre qu’il avait créé. Sa femme est rentrée en France. On est resté six mois, un an sans savoir trop quoi faire. On était plusieurs parents à ne plus savoir où mettre nos enfants ni quoi en faire et l’idée de créer une association pour rassembler ces parents m’a traversé l’esprit. On se posait beaucoup de questions. L’idée première a été de créer une association pour nous retrouver entre parents, échanger et voir ce que nous pouvions faire de nos enfants. Car à ce moment, il n’existait rien au Cameroun.

Quel regard porte la société sur le handicap mental ?

La société camerounaise pense que le handicap mental c’est de la sorcellerie, c’est quelqu’un qui a jeté un sort et si vous avez un enfant handicapé vous méritez votre sort, car vous avez fait quelque chose qui n’est pas bien. Donc l’Etat ne prend pas en charge le handicap, ne s’en occupe pas.

Aujourd’hui les choses ont un peu bougé parce qu’il y a d’autres parents qui comme moi ont essayé de faire avancer les choses ici à Douala et à Yaoundé, de rencontrer les autorités et d’essayer de faire parler d’eux. 

Les Objectifs de la Fondation

Notre premier objectif était de nous retrouver entre parents d’enfants handicapés mentaux, de discuter, de confronter nos problèmes. J’ai fait le tour des pédiatres avec ma fille. Aucun n’a pu me dire : votre fille a tel ou tel problème. Je n’avais personne à qui parler, pas de contacts. Le but était donc de voir d’autres parents, d’essayer de leur parler et de les orienter vers quelqu’un qui puisse les éclairer. C’était d’abord essayer de mettre nos connaissances et savoir-faire en commun pour en faire bénéficier nos enfants. L’idée d’un centre est arrivée après.

Le second objectif était de ne pas laisser nos enfants à la maison, de les faire sortir. J’ai toujours voulu que ma fille aille à l’école comme ses frères et sœurs. Se retrouver dans un milieu où il y a d’autres enfants, ne peut que favoriser leur progression. Rester à la maison n’est pas une solution.

Comment s’est créée la Fondation Anaissa.?

D’abord nous sommes allés au ministère des affaires sociales pour avoir les documents pour créer l’association. Ensuite nous en avons parlé autour de nous pour rassembler les membres.

Le droit de créer une association est très rapide et facile. Définir un projet et chercher un local pour nos enfants, furent plus dur. C’est là que René Biheng, camerounais d’origine et directeur alors d’un établissement de l’APAJH dans la région Nord de Paris intervient. J’ai pris une année sabbatique pour aller en France essayer de vérifier ce que le pédiatre d’ici m’avait dit, à savoir que la recherche n’était pas assez avancée ici, il faudrait un scanner et un IRM et des  examens poussés pour diagnostiquer son problème. René m’a fait visiter son centre puis d’autres à Ermenonville. L’idée de monter un centre similaire est venue de là.  

A quel moment intervient l’Etat ?

Pour que le centre fonctionne, il faut avoir normalement un agrément qui s’appelle un accord de principe. La réalité est que nous ne l’avons pas. Et les autres centres ne l’ont pas non plus, parce que pour obtenir cet accord de principe, il faut connaitre quelqu’un au ministère des affaires sociales. Il faut quelqu’un pour suivre et faire avancer son dossier à Yaoundé. Car à Douala, c’est seulement une délégation du ministère. Donc à ce jour nous n’avons pas cet accord et nous fonctionnons dans l’illégalité. On est reconnu, par le délégué des affaires sociales, on a un accord de partenariat écrit avec les affaires sociales, mais c’est tout.

Quels sont vos moyens pour fonctionner ?

L’association a des membres à qui nous demandons une cotisation qui est payée tous les trimestres. C’est une première source. Chaque enfant au centre est inscrit et les parents règlent une scolarité. Nous avons mis en place des parrainages pour les enfants. Certains le sont par des sociétés privées - Total, emploi service, etc.- Ces sociétés nous aident à élaborer notre budget. Elles devraient bénéficier selon la loi d’un avantage fiscal, mais je ne pense pas que le texte soit appliqué. Nous avons signé un partenariat avec Doualair qui paie tous les repas servis le midi au centre. D’autres organismes comme les Lyons et Rotary club nous donnent des aides ponctuelles

 

Quel personnel avez-vous au centre?

Une psychologue dirige le centre. Nous avons un éducateur et une psychomotricienne à temps partiel, une aide éducatrice, une cuisinière, un gardien. Tous ces gens sont payés par le budget. Le lieu que nous occupons est en location. Nous avons pu l’occuper trois ans gratuitement.

Quelle évaluation faites vous aujourd’hui ?

Nous avons atteint des objectifs. Au début nous avons commencé avec 5 enfants. Au bout de trois ans, nous avons pu en réinsérer trois dans le cursus scolaire normal. Les parents ont alors adhéré. Ils ont été surpris, en disant qu’ils ne savaient pas que ces enfants pouvaient arriver à quelque chose. Ce qui nous a amené pleins d’enfants.

Certains avaient un handicap lourd et n’ont pu rejoindre l’école ordinaire. On n’a donc atteint nos objectifs que pour certains. Cependant les parents des enfants de la deuxième vague comprennent encore difficilement que pour atteindre des objectifs il faut qu’ils s’impliquent. Le poids de la culture, des tabous sociaux sont plus fort que ce que l’on peut leurs apprendre, mais honnêtement, je ne sais pas vraiment expliquer pourquoi les parents ne s’impliquent pas plus. Ils paient, mais parfois, c’est plutôt pour s’en débarrasser. La plupart font déposer leurs enfants et les reprendre le soir. Nous avons un cahier de liaison qu’on met dans les sacs et il n’est pas utilisé par la famille autant que nous le souhaiterions.

Les enfants grandissants, qu’est-ce qu’ils vont devenir ?

Ca, c’est un problème. Certains sont là depuis 2004, le début du centre, et aujourd’hui  sont âgés. Alors nous peinons pour trouver des activités valorisantes. Nous avons l’idée d’ouvrir une bibliothèque parce qu’on a une opportunité d’avoir des livres. On s’orienterait vers une médiathèque, comprenant une salle de cinéma pour visionner des dvd et une salle de lecture. Des tâches comme les photocopies, le rangement des livres pourraient être effectuées par les adultes du centre. Nous sommes entourés d’écoles, d’où l’idée de faire venir les enfants de ces écoles dans le centre afin de permettre les échanges et donner un rôle et une utilité sociale pour les plus grands.

Attendez-vous quelque chose aujourd’hui des autorités ?

On attend sans attendre, mais on aimerait qu’ils prennent en charge le personnel. Nous sommes en sous effectif et pourrions avoir une meilleure prise en charge avec plus de temps auprès des enfants.

Qu’ils puissent nous donner un agrément pour fonctionner et avoir accès aux aides de l’étranger. Des hôpitaux en France sont prêts à nous donner du matériel, mais le coût du dédouanement est trop important pour nous. L’agrément nous permettrait de le dédouaner sans frais. L’APAJH, par René Biheng nous avait envoyé un mini bus. Tous nos deniers sont passés dans le dédouanement et nous n’avons pu ensuite supporter le coût du fonctionnement. Nous avons revendu ce véhicule à contre cœur. Le ramassage scolaire est indispensable pour des enfants qui sont éloignés. Les parents les mettent difficilement dans les taxis collectifs à cause du regard des autres.  Si l’Etat nous aide nous pourrons faire plus de choses.

 

 

    Langue d'origine : Français
    ETOUNOU Jeanne laure
    04/12/2014 22:52
    Je viens de lire votre page et,je ne trouve pas de mots pour vous encourager,vraiment beaucoup de courage et que le seigneur Dieu vous accompagne.
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