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Vie affective et sexuelle de la personne en situation de handicap, quel accompagnement éducatif?

  • Vie sociale et quotidienne : Vie personnelle et affective
  • Europe : France
  • Témoignage

Par bogdan le 06/08/2010

          Je travaille depuis quelques années maintenant avec des personnes handicapées en France et j’exerce aussi dans le domaine de la formation. J’interviens auprès d’équipes pour échanger autour de la vie affective et sexuelle des personnes handicapées. Je me propose de vous livrer quelques réflexions.

En France, la vie affective et sexuelle des personnes handicapées fait l’objet d’un intérêt particulier de la part des familles, et des professionnels dans les institutions. Les formes d’organisation institutionnelle et les représentations du personnel, ainsi que les normes et les valeurs qui régissent la sexualité et les rôles sexuels exercent une influence primordiale sur leur vie affective. Aujourd’hui, familles et institutions semblent s’entendre sur la reconnaissance d’un droit à la sexualité pour les personnes handicapées. Sauf qu’il est encore trop rarement question d’amour, mais toujours des risques liées au sida, à la procréation, et que la sexualité reste trop tardivement abordée.

La vie affective et sexuelle s’inscrit dans différentes dimensions telles que le rapport à la vie familiale, l’affirmation de soi, l’expression des émotions et dans la diversité des relations affectives.

La mise en avant des aspects relationnels du quotidien est à souligner, ainsi que l’information autour de la vie affective et sexuelle.

La personne handicapée ressent confusément des sensations, des émotions et des sentiments. Face à la sexualité, elle peut vivre à la fois de la honte, de la culpabilité, du plaisir, de l’insatisfaction ou de la peur. En effet, la personne handicapée vit des tensions et émotions concernant tant sa propre personne (son histoire, sa place, son corps, ses désirs…) que ses groupes d’appartenance (famille, amis, quartier…).

 

La mission d’accompagnement s’articule entre ses désirs, ses capacités et les nécessités sociales. Il s’agit alors d’aider la personne à se poser des questions et de l’accompagner vers une recherche de réponses et de sens en lui offrant différents cheminements pour y arriver. Cette question renvoie à sa place dans la culture environnante, à ce qu’elle est tant personnellement que dans sa relation aux autres.

Il s’agit de considérer les personnes en situation de handicap comme des personnes sexuées. Notamment par la parole et l’ouverture d’un espace relationnel où la découverte de l’autre et la sexualité pourront enfin être abordées. Ensuite par une aide à la construction de l’identité sexuée. Ce qui ne va pas sans mal, puisque nous sommes dans une société qui informe beaucoup, mais qui ne transmet plus. Or la sexualité ne s’apprend pas, elle se construit et se déduit : les enfants handicapés, déjà pénalisés par leurs difficultés d’apprentissage et par la vie en institution, le sont donc doublement dans ce contexte. Ils échappent à ces paliers essentiels de développement que sont les rites qui participent à la construction de leur identité sexuée. Trop peu de femmes handicapées ont accès par exemple à la première consultation gynécologique, qui fait partie de ces rites initiatiques, maturants pour toutes les jeunes filles. Le déni de leur sexualité se traduit aussi par des prescriptions collectives de pilules contraceptives dans les institutions, sans parler de stérilisations, organisées en dehors de toute rencontre singulière avec un gynécologue.

Dans le département dans lequel je travaille, nous avons mis en place un réseau « genre et sexualité » qui se préoccupe principalement de prévention auprès du tout public. Un groupe de personnes s’est intéressé plus spécialement à la mise en place de groupes de parole pour des personnes handicapées. Un livret a été élaboré avec des planches d’anatomie, des photos. Les professionnels qi ont travaillé à ce livret sont partis des préoccupations des personnes handicapées qu’ils avaient rencontrées dans les différents établissements dans lesquels ils travaillaient.

Ce livret sert de support dans les groupes de parole mis en place dans les instituts médico-éducatifs, les foyers d’hébergement …. Deux professionnels les animent et ne sont pas du lieu dans lequel se déroule le groupe. Cela  permet aux personnes handicapées d’échanger librement avec des professionnels non connus, qu’ils ne rencontrent pas dans la relation d’accompagnement au quotidien.

Car peut-on parler de sexualité avec la personne qui nous aide à faire notre ménage, toilette ? Qu’en est-il de l’intimité ?



Langue d'origine : Français
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