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Accueil Centre KIKESA KIKESA, un centre d’éducation spécialisée et de formation professionnelle qui s’est ouvert à l’accueil des enfants infirmes moteurs-cérébraux en RD Congo
Pour aller plus loin
Centre KIKESA
  • 7/11 avenue Oasis Camp Livulu 00000 Commune Lemba Congo démocratique - RDC
  • +243 9999 59 552
  • kikesacph@nullyahoo.fr
  • Prof. Honorİ NKAKUDULU BIKUKU KIALOSO
  • kikesacph@nullyahoo.fr


KIKESA, un centre d’éducation spécialisée et de formation professionnelle qui s’est ouvert à l’accueil des enfants infirmes moteurs-cérébraux en RD Congo

  • Travail et activité : Insertion professionnelle
  • Afrique : Congo démocratique - RDC
  • Fiche d'expérience

Par Prof. Honorİ NKAKUDULU BIKUKU KIALOSO le 14/10/2014

Notre objectif est de former les jeunes adultes à un métier qu’ils puissent exercer à domicile ou dans une entreprise. Pour ceux qui ne le peuvent pas, nous nous arrêtons à leur socialisation. Ils acquièrent des habilités pour être parmi les autres, en famille.

Un contexte peu favorable à la reconnaissance des personnes ayant un handicap 

Le Centre KIKESA a été créé le 17 février 1968. Pendant cette période la situation des personnes vivant avec handicap au Congo était aussi plus difficile qu’aujourd’hui, particulièrement les personnes ayant un handicap mental. Elles étaient niées dans leur existence. Il faut comprendre  que la personne vivant avec handicap est une personne cachée et rejeter de la société. Elle est cachée et faisait l’objet de moquerie chez soi, dans la famille et les parents avaient honte de montrer cette personne au public. Rares étaient les personnes handicapées mentales ou celles qui avaient une infirmité motrice cérébrale  que l’on pouvait voir.

Le Centre est aujourd’hui présent sur deux sites, celui de Livulu dans la commune de Lemba à Kinshasa et celui de Luozi, à 400 km vers l’Ouest dans le Bas-Congo.

Le centre fonctionne en tant qu’établissement d’éducation spécialisée et organise un programme de réadaptation pour ceux qui le fréquente.

La population concernée comprend plusieurs types de handicap, moteur (polio), imc, mental. Le Centre accueille 250 enfants et jeunes adultes, dont 50  en internat

Parmi cette population les enfants atteints d’une infirmité moteur-cérébrale représentent aujourd’hui près de 20 %.

 

 L'accueil d'enfants IMC, une finalité demandée par les parents

Les besoins  exprimés par les parents sont avant tout de permettre à ces enfants de suivre une scolarité comme tous autres enfants. Ensuite, vient la demande d’acquérir plus d’habilités pour faire face aux activités de la vie quotidienne. Ils veulent aussi que leurs enfants puissent participer à la vie communautaire. A l’école ordinaire, les enseignants ne sont pas formés pour les accueillir. Ils sont classés comme retardés mentaux, ils sont écartés de l’école. Depuis 3, 4 ans ils commencent à être intégrés avec certains aménagements et ce grâce, entre autre, à l’action de Handicap International.

Accueillir les enfants avec cette infirmité était une demande forte de parents. Leurs enfants ne pouvant se déplacer, ils étaient intéressés par un établissement avec un internat. Ils sont venus toquer à la porte pour savoir si nous pouvions les accepter.

Kinshasa est une ville très vaste. Les parents ne peuvent pas mettre les enfants dans les bus car ils n’ont pas assez d’autonomie. Avec l’internat c’était un double avantage. Mais nous ne sommes pas un lieu ou les parents abandonnent leurs enfants. Nous leur demandons de venir le weekend ainsi que lors du programme de rencontre. L’enfant doit être nourri et les parents payer pour sa nourriture.

A ce moment, l’accueil des enfants à Kikesa étaient à 90 % ceux atteint de poliomyélite et quelques uns avec un retard mental et des enfants sourds et des polyhandicapés. Parmi les fondateurs du centre il y a un psychomotricien, un docteur en kiné-réadaptation et un écrivain. Ils ont formé les enseignants pour pouvoir accepter et prendre les enfants avec infirmité moteur-cérébrale. Nous sommes allés doucement avec un petit nombre et il y a 5 ans nous avons pu bénéficier d’une formation spécifique avec Handicap International sur l’éducation inclusive. Il y avait à cette formation des kinésithérapeutes et des travailleurs sociaux.

 

Pour les jeunes adultes IMC qui peuvent apprendre un métier, notre objectif est de les former à un métier qu’ils puissent exercer à domicile ou dans une  entreprise. Pour ceux qui ne le peuvent pas, nous nous arrêtons à leur socialisation. Ils acquièrent des habilités pour être parmi les autres, en famille sans trop gêner. Chez nous au Congo, il n’y  pas de structure comme en Europe, de type ateliers occupationnels.

 

L’attitude du personnel enseignant et de certains autres personnels, réticents a été un frein au départ. Voir différents enfants ayant cette infirmité venir avec leurs problèmes, c’est ardu. Ils ont plus de complications que les enfants ayant eu la poliomyélite. Notre institution est alignée sur les autres écoles. On ne tient pas compte de l’aspect spécial de l’enseignement, qui requiert un nombre maximum de 10 enfants dans une classe. Or ces enfants ont besoin d’un soutien particulier.


Les spécificités de la prise en charge, son organisation

L’ensemble des jeunes ayant cette infirmité, sauf 2 ou 3, sont internes pour les raisons de transport expliquées plus haut. Leur journée commence à 8h. Ils ont une pause pour le repas à 12h avec une reprise à 14h. La journée se termine à 16h.

Les enfants reçoivent des cours de base ; lire et écrire le matin, pour ceux qui peuvent suivre, l’après midi ils sont en atelier.

Les enfants vont au cours à 8 h. Entre 9 et 10h le service de rééducation prend par groupe un certain nombre d’enfants, ainsi que de 14h à 16h. Pour ceux qui n’apprennent pas un métier ils sont en rééducation de 14h à 16h.

Les enfants infirmes moteur-cérébraux ont des besoins particuliers. La plupart ont un problème de lenteur. Les enseignants tiennent compte de ces aspects. Pour l’apprentissage d’un métier, dans le groupe les enfants sont mélangés, mais il y a une individualisation de l’enseignement et de la formation. Ils sont besoins de sièges adaptés et nous devons en tenir compte. Dans les dortoirs de l’internat, les lits sont à étage. Les enfants IMC sont toujours logés au lit d’en bas. A l’internat, ils apprennent comment vivre en communauté. Les éducatrices leur apprennent à faire la lessive, à ranger leur vaisselle, et d’autres tâches suivant leurs possibilités. La plupart n’ont pas besoin de fauteuil. Il y a deux ans nous avons reçu des fauteuils roulants de marque « Motivation», nous livrés par le canal du Ministère de la Santé. A l’internat, Il y a une entraide entre enfants.

 


Les moyens que vous vous donnez ?

 Nous avons 80 personnes qui travaillent pour le centre. Des enseignants pour les cours généraux et pour l’apprentissage, des éducatrices, une assistante sociale, des infirmiers, des kinés, des logopèdes, des techniciens orthopédiques pour appareiller et un médecin. A cela s’ajoutent des cuisiniers, des jardiniers, et gardiens. Nous avons aussi le personnel administratif.

 Le Centre KIKESA est une institution privée subventionnée par l’Etat. Pour le moment, ce que nous recevons du ministère, c’est uniquement le salaire du personnel. Nous  recourons aux bons services bienfaiteurs. Nous avons un système de parrains soutenus par Caritas pour 10 enfants et par le Liliane Fund pour 2 autres. Des fonds privés subviennent à la nourriture.

Les parents concourent aux frais  d’internat, à hauteur de 200 $ chaque trimestre, et pour les externes, 32 $ par trimestre, comme frais d’entretien. Parmi les 70 parents, il n’y a pas plus de 10 parents capables de payer la totalité de la somme demandée. Chez ceux à qui nous demandons les frais d’externat, seulement 20 parents payent l’entièreté de la somme. Cela est dû notamment au faible pouvoir d’achat de la population, à la conception erronée  que notre société porte vis-à-vis de la personne handicapée. Les parents ayant une  image négative de leur enfant, une image d’enfant inutile, ne comprennent pas pourquoi ils doivent payer pour leurs études.


Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui de cet accueil spécialisé ?

Un enfant IMC qui vient pendant 4 à 5 ans au Centre d’affilée, acquiert des connaissances scolaires, une dextérité sur le plan physique. Il améliore son habilité et son image d’enfant inutile change. Le 17 février dernier, nous avons fête le 46ème anniversaire du centre, c’était une occasion pour  inaugurer le rez-de-chaussée du bâtiment polyvalent financé, en partie, par l’Association Belge des Paralysés, « ABP ». Un parent a fait un témoignage très poignant en disant que chaque fois que son  enfant rentre du centre il constate un gain dans son habileté. Certains jeunes sont sortis du centre, l’un d’entre eux travaille aujourd’hui dans la reliure à son compte privé.

 

Nous souhaiterions donner beaucoup plus de bagages à tous les personnels qui s’occupent des enfants, que ce soit les enseignants, les médecins, le personnel paramédical. Nous souhaiterions aussi faire plus de sensibilisation chez les parents pour mieux comprendre l’infirmité motrice-cérébrale. Nous en faisons déjà, mais certains ne comprennent pas encore. La présence d’un enfant infirme moteur cérébral est source d’éclatement dans plusieurs familles dans notre pays.

 

Notre principale difficulté reste de travailler avec les moyens du bord. Nous aimerons avoir assez de jeux, beaucoup plus d’outils scolaires, crayons, ardoises, et aussi avoir un service de rééducation mieux équipé.

Nous manquons aussi de moyens de formation pour notre personnel

 

 Dans le contexte congolais, c’est une expérience vers cette catégorie d’enfants, délaissés, qui vaut la peine d’être tentée. Ce serait un gaspillage de laisser ces enfants de côté. C’est une grande satisfaction de les voir travailler et les parents sont édifiés.

Fiche rédigée par M. Maurice Mabanza

 

Langue d'origine : Français
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