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Accueil La Passerelle Groupe d'Entraide en Santé Mentale L’intégration socioprofessionnelle et le suivi dans l’emploi, deux volets complémentaires de l’action du GEM la Passerelle, Charny, Québec
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La Passerelle Groupe d'Entraide en Santé Mentale
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  • la.passerelle@nullbellnet.ca
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L’intégration socioprofessionnelle et le suivi dans l’emploi, deux volets complémentaires de l’action du GEM la Passerelle, Charny, Québec

  • Travail et activité : Activités de jour
  • Amérique du Nord : Canada
  • Fiche d'expérience

Par Sonya Vaillancourt le 10/06/2014

Ce programme destiné à développer des habiletés nécessaires à l’emploi a permis a plusieurs personnes de s’approcher de leur but. Toutes les personnes ont réussi à se valoriser et se sont découvert des forces et habiletés qu’ils croyaient perdues.

 

  1. Le contexte

La Passerelle est un Groupe d’Entraide Mutuelle, situé à Charny sur la rive-sud de Québec au Canada. Nous avons acquis un immeuble de trois étages et notre organisme occupe le sous-sol, le premier étage ainsi qu’un local au 2ième étage où est situé un plateau de travail.

Les gens qui fréquentent l’organisme sont membres chez nous pour une cotisation annuel de $1.00 ce qui signifie une contribution symbolique. Les gens s’engagent à respecter les règles de vie de l’organisme.

Nous avons 75 membres environ selon les années qui sont tous âgées entre 18 et 65 ans et vivent avec un problème de santé mentale

Aucun suivi individuel n’est offert par l’organisme cependant des rencontres individuels sont offertes au besoin. Nous offrons des ateliers de croissances personnelles, sorties culturelles-sportives ou de loisirs, des café-rencontres, visites de lieux d’intérêt, cuisine collective, apprentissage à la cuisine, atelier d’art, projet musique, volet socio-professionnel et suivi en emploi.

 

 

  1. La finalité du GEM La Passerelle

 

Les organismes tels le nôtre en santé mentale ont tous la même mission générale qui est d’améliorer la qualité de vie des adultes vivant avec un problème de santé mentale. Par contre les moyens et façon de faire sont différentes et laissé à la discrétion des organismes.

Nous avons eu beaucoup de demande de la part de nos membres concernant le retour sur le marché du travail. Les gens ont un besoin important de se valoriser par le travail ou les études, ainsi nous avons développé ce service. Par contre on réalise aussi qu’il peut y avoir certaines difficultés ou obstacles en milieu de travail comme le stress, l’anxiété et les relations interpersonnelles, difficiles à gérer à cause de la maladie mentale. Ainsi l’agent de suivi en emploi peut se déplacer en entreprise pour faire les suivis requis.

Ces services de suivi vers et dans l’emploi n’ont pas été mis en place dès la création du GEM. L’organisme a été fondé en 1993, nous avons le volet socioprofessionnel depuis 2004 et le suivi en emploi depuis 2012

 

Les gens qui intègrent le programme doivent avoir un projet de vie et des objectifs atteignables dans un avenir de 5 ans. Ils sont intégrés avec une mesure gouvernementale d’emploi Québec qui leur donnent une allocation supplémentaire sur leur chèque d’aide sociale et le paiement du transport en commun mensuel. C’est donc une entente formelle et signé par contrat.

Pour le suivi en emploi c’est différent, toute personne déjà en emploi, qui vit avec un problème de santé mentale et qui désire se faire accompagner y a accès mais cette aide peut être refusé si la personne ne collabore pas.

 

 

 

  1. Le fonctionnement du programme emploi de la Passerelle

 

 

Tous les membres du GEM peuvent faire une demande pour le volet socioprofessionnel (plateau de travail). Par contre les places sont limitées selon l’organisme par emploi Québec. Chez nous il y a 8 places et ces personnes ont été sélectionnées suite à un essai au plateau de travail qui dure environ 1 mois. Après évaluation avec le membre de sa motivation et intérêt, la décision est rendue. Si nous avons plus de demande que de place disponible nous référons aux autres organismes à proximité. Faut dire qu’il y a un roulement naturel, certaines personnes quittent pour divers raison en cours de cheminement soit à cause de la maladie, projet personnel, retour aux études ou une opportunité de travail régulier en centre de travail adapté.

 

Chaque organisme a développé son plateau de travail, chez nous c’est de l’ensachage pour un centre de travail adapté. Nous sommes sous-traitants et selon les contrats de cette entreprise, les éléments à placer dans les sacs et à sceller peuvent varier. Exemple, présentement, c’est un contrat de vis servant à monter des meubles de salon. La majorité du travail en plateau de travail est concentré vers les tâches manuelles ou l’entretien ménager. Le plateau de travail peut être à l’intérieur de l’organisme comme c’est le cas chez nous et peut tout aussi bien être ailleurs selon le travail et disponibilité des locaux.

 

Une autre forme d’activité pour nous est le bénévolat, qui est aussi un travail. Pour certaines personnes c’est préférable car c’est moins engageant, ce qui correspond à un besoin pour certaines personnes pour qui l’état de santé est moins stable. Pour d’autre c’est une forme de validation personnelle sur leur compétences ou intérêts. Ce bénévolat peut se faire avec la collaboration d’autres organismes du milieu, ex ; un organisme qui aurait besoin à l’occasion de nettoyer des jouets dans une garderie, une personne qui a du talent en musique et qui offre son temps pour le groupe de musique d’un organisme etc.

 

 

  1. Quels sont les moyens mis en œuvre ?

 

  • Au niveau des moyens humains, chez nous 6 employés sont embauchés à  temps plein (35 heures semaine) soit 2 personnes pour le milieu de vie,  2 personnes pour le volet socioprofessionnel, 1 personne pour le suivi en emploi et 1 personne à la direction. Les 3 personnes du volet socio et suivi en emploi, travaillent en étroite collaboration. Ils  ont aussi recours à la collaboration du milieu soit les agents d’emploi Québec et aussi l’organisation de service de maintien en emploi. Les intervenants du réseau (CLSC) de nos membres sont aussi mis à contribution pour la stabilité et les suivis des rencontres individuels.

 

Sur un plan financier, pour être membre à La Passerelle il en coûte $1.00 par année. Si les gens désirent participer à des activités (du type sortie) tels le cinéma, le billard, visite de musée etc. nous leur demandons la moitié du coût réel de l’activité et l’organisme paie le reste du coût d’entrée.

Les membres qui participent à l’intégration socioprofessionnelle sont tous bénéficiaires de l’aide sociale, c’est un prérequis car c’est ce soutien financier qui finance le programme dans les organismes. Les gens reçoivent donc une allocation supplémentaire sur leur chèque mensuel en plus du paiement du transport. Ce service, comme tous les services de notre organisme est gratuit car nous avons un financement global pour le fonctionnement de l’organisme qui vient du gouvernement.

 

Sur le plan méthodologique, nous avons développé notre programme en fonction des besoins de notre clientèle. Il est continuellement sujet à modification, on s’adapte. La commission scolaire est aussi partenaire et balise certaines actions.

 

  1. Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui du GEM La Passerelle et de son programme emploi?

 

A la question avons-nous atteint les objectifs de départ, je dirais qu’on les a largement dépassés. Au départ ce volet se voulait un pont entre le milieu de vie qui est plus informel et le besoin de quelques personnes d’en faire un peu plus. Aujourd’hui nous avons réussi à développer des habiletés nécessaires à l’emploi de plusieurs personnes et bons nombre d’entre eux sont parvenus à s’approcher de leur but. Toutes les personnes ont réussi à se valoriser et se sont découvert des forces et habiletés qu’ils croyaient perdues, ils ont repris confiance en eux et ça c’est une réussite, à partir de là rien n’est impossible !

 

Les plus grands changements sont visibles auprès des membres, la démarche les amènent à la rigueur, la discipline, la vision long terme de leur vie, leur rêve, projet de vie, la réflexion qu’ils doivent entreprendre face à eux-mêmes. Toute ces choses dormaient en eux souvent depuis des années car ils n’y croyaient plus, ne croyait plus cela possible. Juste le fait de réveiller les passions, l’espoir et le rêve c’est une réussite. Pour le reste, on travaille avec eux pour le réaliser.

 

Pour autant, le chemin n’est pas dénué de difficultés. Nos limites sont les leurs. On ne peut faire le travail à leur place, on les accompagne, les guide et les outille et on se rend disponible selon leur besoin mais il faut beaucoup de souplesse car ils vivent avec les haut et les bas de la maladie, demande beaucoup de flexibilité. L’équipe de travail doit les supporter où ils sont rendus et être conscient qu’il faut souvent recommencer…

 

Le secret de la réussite est le respect du rythme de la personne mais dans un cadre formel bien défini et adapté au besoin. Il faut que la démarche soit préparatoire au marché du travail mais dans un environnement sécurisé (possibilité de soutien et service psychosocial). Les intervenants doivent accepter le rythme de la personne tout en l’accompagnant dans son projet de vie avec rigueur et dépassement de soi. Les difficultés sont normales et ne sont pas nécessairement des échecs. Chaque pas est une réussite !

 

 

 

 

 

Langue d'origine : Français
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