Aller au contenu. | Aller à la navigation

Accueil Centre hospitalier Sainte-Anne La Bibliothèque vivante
Pour aller plus loin
Centre hospitalier Sainte-Anne
  • 1, rue Cabanis 75014 PARIS France
  • 0145657479
  • maison-des-usagers@nullch-sainte-anne.fr
  • MAISON DES USAGERS
  • maison-des-usagers@nullch-sainte-anne.fr


La Bibliothèque vivante

  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par MAISON DES USAGERS le 13/09/2012

La Bibliothèque vivante est un nouvel outil de lutte contre la stigmatisation et la discrimination dans le champ de la santé mentale.

La Maison des usagers du centre hospitalier Sainte-Anne et la Cité de la santé, organisent depuis 3 ans, des Bibliothèques vivantes lors de la Semaine d'information sur la santé mentale.
Le temps d'une après-midi, quatre livres sont représentés : troubles bipolaires, schizophrénie, troubles obsessionnels et compulsifs (Toc) et alcool.

À l'occasion de ces Bibliothèques, environ 40 lectures sont été réalisées avec des personnes issues du grand public. Les évaluations montrent que les lecteurs apprécient d'entendre des personnes partager leur vécu de la maladie avec calme et sérénité. Les livres ont trouvé cette expérience gratifiante et ont apprécié l'esprit d'équipe qui en a découlé.

Origines
L'espace de dialogue intitulé « Bibliothèque vivante1 » permet à des personnes concernées par des handicaps psychiques de raconter leur parcours et leur ressenti à un public désireux d'en savoir plus. La littérature scientifique montre que le meilleur moyen de lutter contre la stigmatisation est de confronter directement les personnes concernées avec le reste de la population. Les Bibliothèques vivantes sont basées sur cet échange.


Principes
La BV est un outil de lutte contre les discriminations soutenue par le Conseil de l'Europe. Le principe: par l'échange d'individu à individu, permettre à une personne du grand public de découvrir le quotidien d'une personne appartenant à un groupe confronté à des stéréotypes (homosexuel, immigré, sans emploi, handicapé, etc.). Afin de faciliter la rencontre, la métaphore de la bibliothèque est utilisée : les livres, incarnés par des personnes vivant des situations discriminantes, se lisent à haute voix, Lors d'un échange de 20 minutes (lecture), elles partagent un chapitre de leur histoire avec des personnes (lecteurs). Les organisateurs (bibliothécaires) assurent accueil et encadrement.
En santé mentale, deux stéréotypes sont fortement ancrées dans l'imaginaire collectif : la dangerosité, la criminalité, et le caractère « hors norme », qui amènent à considérer les patients comme pouvant être irresponsables, imprévisibles et incapables.
Cette action permet de sensibiliser le grand public, valoriser le savoir profane des usagers et participer à l'empowerment des usagers.


Méthode
Il est indispensable d'avoir une démarche participative, de l'élaboration à la réalisation de l'action : rencontres avec les participants (livres, bibliothécaires), co-définition des objectifs attendus, du contenu des témoignages, des outils, de la gestion des lectures et de l'organisation de l'action. Des rencontres préparatoires permettent d'apaiser les craintes et de concrétiser l'action, par des mises en situation au cours desquelles les participants incarnent à tour de rôle livres et bibliothécaires. Le contenu des témoignages peut varier en fonction du livre vivant et du lecteur qui se présente. Certains décideront de parler de leur vie avant et depuis la maladie, d'autres de l'annonce du diagnostic, de la gestion de la maladie au quotidien ou encore des raisons qui les ont amenées à participer à un tel événement.


Outils et supports de communication utiles pour accompagner l'action
Plusieurs outils sont utilisés. Tout d'abord les « Affiches idées reçues », le principe de cette action étant de les combattre. Ensuite le « catalogue » liste les différents livres disponibles pendant l'action et présente le règlement intérieur de la Bibliothèque vivante auquel devra adhérer chacun des lecteurs. Enfin, affiches informatives sur le troubles et handicaps psychiques.

Évaluation
Des bibliothécaires réalisent une évaluation brève auprès des lecteurs. Temps d'échange essentiel pour permettre aux lecteurs d'exprimer leur ressenti par rapport à l'action ou de revenir sur certains points abordés pendant l'échange qui auraient besoin d'être précisés.


Conclusion
La Bibliothèque vivante est avant tout un outil de lutte contre la stigmatisation en santé mentale. Une action de ce type contribue à l'empowerment des usagers tant sur le plan individuel que collectif. Individuellement, car les usagers sont sollicités par le public pour partager leur vécu de la maladie ; en cela ils sont reconnus en tant que personnes porteuses d'un savoir. Enfin, au niveau collectif, en témoignant publiquement de leur vécu les usagers participent à la construction d'un discours social basé sur un savoir expérientiel valorisé.

Références bibliographiques
• Loubières C. et Caria A., La bibliothèque vivante : un nouvel outil de lutte contre la stigmatisation en santé mentale. Santé de l'Homme, n°413 mai-juin 2011. pp 23-24
• Abergel R., Rothemund A., Titley G., Wootsch P. La couverture ne fait pas le livre ! Le guide de l'organisateur de la Bibliothèque vivante. Strasbourg : Éditions du Conseil de l'Europe, 2006 : 70 p.
• Stuart H. Stigmatisation. Leçons tirées des programmes visant sa diminution. Santé mentale au Québec, 2003, vol. 28, n°1 : p. 54-72. En ligne : http://id.erudit.org/iderudit/006981ar

Concours: Concours HANDIPARTAGE 2012
Langue d'origine : Français
Ajouter un commentaire

Vous pouvez ajouter un commentaire en complétant le formulaire ci-dessous. Le format doit être plain text. Les url et les courriels sont transformés en liens cliquables. Les commentaires sont modérés.

Question: 5 + 5 = ?
Votre réponse: