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Accueil Centre Franco-Québécois pour l'Intégration et la Participation Sociale Des séjours de rupture individualisés reposant sur des concepts issus de la réflexion et de l'approche québécoise, Centre Franco-Québécois pour l'Intégration et la Participation Sociale, France.
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Centre Franco-Québécois pour l'Intégration et la Participation Sociale
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  • Christian Rotureau
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Des séjours de rupture individualisés reposant sur des concepts issus de la réflexion et de l'approche québécoise, Centre Franco-Québécois pour l'Intégration et la Participation Sociale, France.

  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par Christian Rotureau le 18/05/2011

Les séjours individualisés sont destinés aux personnes traversant une période difficile, avec actes ou comportements socialement inacceptables. Une ressource familiale n'est pas forcément la solution.

Contexte

 

 

Le Comité Franco-Québécois pour l’Intégration et la Participation Sociale a été fondé en novembre 2001. Il agit en tant qu’association à but non lucratif, dont le siège social se situe à Parthenay. Le champ d’intervention du Comité s’étend sur l’ensemble du territoire français.

Il a la particularité de disposer d’un Conseil d’administration composé à 50% de québécois et s’appuie sur des valeurs, une philosophie ainsi que des concepts issus de la réflexion et de l’approche québécoise : valorisation des rôles sociaux, développement de la personne par l’autodétermination.

 

Les objectifs du Comité sont les suivants :

 

-          Agir dans le champ de l’intégration et la participation sociale des personnes présentant une déficience intellectuelle.

 

-          Améliorer la qualité de vie de ces citoyens en leur offrant des services de qualité et personnalisés.

 

-          Respecter les projets personnels de ces personnes, ce que le cadre collectif et institutionnel ne permet pas toujours de réaliser.

 

Lorsqu’il évoque les personnes accueillies, le Comité utilise le terme de « clients », non pas sous son aspect commercial et mercantile, mais bien sous son aspect « personne détentrice de droits », droit à la qualité de service, au respect, droit de se plaindre ou de porter plainte.

 

Les personnes concernées par les actions du Comité sont des adultes déficients intellectuels. En 2010, 1000 personnes ont ainsi bénéficié des services du Comité. Cela dit, ce dernier accueille de façon exceptionnelle des personnes en situation de handicap psychique, physique, sensoriel, ainsi que des personnes polyhandicapées, cérébrolésées…

 

Le Comité dispose d’une offre de service assez conséquente. Il favorise les échanges à travers la tenue de colloques, de séminaires d’études au Québec, la diffusion de publications québécoises et organise des stages de formations à la fois pour les professionnels du secteur médico-social et pour les professionnels du secteur touristique (accompagnateurs ou réceptifs) afin de permettre l’intégration des personnes déficientes en milieu ordinaire de loisirs. Il diffuse également un programme québécois d’éducation à la vie affective et sexuelle pour personnes avec déficience intellectuelle modérée.

 

Le Comité propose des vacances adaptées afin de répondre au plus près aux besoins d’intégration sociale et d’amélioration de la qualité de vie des personnes, ainsi qu’aux besoins des institutions et des familles. Le concept développé est assez original au regard des pratiques habituelles. Il s’agit de répondre au projet personnel de chacune des personnes, à travers un panel de propositions :

 

-          Séjours de type tourisme adapté : maximum de 7 personnes, 2 accompagnateurs.

-          Séjours intégrés avec une agence de voyage professionnelle (à l’étranger)

-          Séjours travaillés en partenariat avec les établissements : transferts institutionnels, ou séjours à domicile (la personne reste dans l’institution mais ne suit pas le fonctionnement de celle-ci)

-          Séjours de type accueil familial

-          Projets spéciaux (par exemple séjour en camping-car itinérant, accueil de groupes québécois…)

-          Projets spéciaux individualisés (parachutisme, découverte de la Bretagne…)

-          Séjours individualisés : destinés aux personnes traversant une période difficile, avec actes ou comportements socialement inacceptables. Une ressource familiale n’est pas forcément la solution, car si la sanction se résume à un séjour en famille, la personne va être tentée de réitérer son acte. Ces séjours ont donc été mis en place pour dédramatiser la situation et essayer de décrypter ces actes de violence.

 

Finalité des séjours individualisés

 

Le Comité s’appuie sur le constat selon lequel les personnes, en institution, sont face à des alternatives qu’elles n’ont pas choisies. Le Comité souhaite respecter la dimension plurielle de la personne, comme cela est pratiqué au Québec depuis nombreuses années. Il se veut une alternative pour les institutions.

 

Trop souvent, la difficulté des équipes professionnelles est de ne pas distinguer les problèmes liés à la déficience intellectuelle ou produits par les stress environnementaux, de ceux liés directement aux problèmes de pathologie mentale. Dès lors qu’une personne a des comportements difficiles, l’institution va s’adresser au médecin psychiatre, voire même décider une hospitalisation, sans analyser les raisons réelles du comportement en question. Il s’agit d’une solution de facilité qui, certes, règle le problème des équipes, mais en aucun cas celui de la personne. Aussi, plutôt que d’aller vers une médication, il est intéressant pour la personne que soient décodés les messages qu’elle tente de transmettre à travers son comportement. Le Comité, à travers ces séjours, travaille avec la personne afin d’obtenir les raisons de ce comportement, dans un but d’amélioration de sa qualité de vie. Les séjours permettent d’identifier les facteurs de violences et aider la personne à trouver des stratégies, des alternatives pour éviter qu’elle ait à nouveau des comportements excessifs.

 

Les attentes des personnes sont relativement simples, elles veulent être respectées, écoutées et appréciées pour ce qu’elles sont et avoir des relations intervenants – usagers respectueuses et égalitaires. Elles reprochent souvent à l’éducateur d’avoir tendance à se positionner en état de supériorité. Le Comité préconise donc un organigramme sous forme de pyramide inversée : les clients sont en haut, en dessous se situent les éducateurs, les chefs de service, le directeur.

 

Les personnes expriment aussi leur volonté de faire respecter leurs droits, c’est-à-dire pouvoir faire des vrais choix, avoir de vraies alternatives et un réel pouvoir sur leur propre vie. Souvent les personnes ont la sensation de ne pas choisir mais d’obéir à l’institution, qui les emmène là où elle le veut bien.

 

Les personnes souhaitent également avoir un environnement physique répondant au style de vie souhaité. Leur environnement humain ne permet pas d’avoir un style de vie personnalisé : Elles n’ont pas choisi les gens avec qui elles cohabitent, leur réseau social est trop limité, et leurs contacts sociaux, imposés, peuvent vite devenir sources de conflits. Il ne s’agit pas d’un problème de santé mentale, mais d’un ras-le-bol de vivre aux côtés de personnes que l’on n’apprécie aucunement. Elles souhaitent d’autre part être responsabilisées et voir leur rôle valorisé.

 

 

Les parents souhaitent un encadrement spécialisé, compétent, ainsi qu’une bonne prise en charge matérielle de leur fils ou de leur fille. Les familles peuvent vivre un réel épuisement psychologique lorsque leur enfant devient trop difficile à gérer (phénomène du burn out).

 

L’établissement attend de ces séjours qu’ils disposent d’un accompagnement compétent, et d’une simplicité d’organisation. Ils sont censés apporter un répit à l’équipe, mais peuvent aussi constituer une sanction, une sorte de mise à pied (hôpital psychiatrique ou séjour) ou rappel à la loi fait à la personne.

 

Enfin, les attentes du Comité se caractérisent par la mise en place des partenariats respectueux avec les personnes déficientes intellectuelles et avec les établissements, par l’obtention du partage du secret professionnel afin de prendre en charge la personne de la meilleure façon possible. Si l’établissement cache des choses au Comité, le partenariat est inenvisageable.

 

Chaque séjour constitue un défi à relever car chaque personne est différente, unique, et il n’existe aucune garantie de résultat.

 

Mise en œuvre


La durée est généralement de 8 jours, mais cela peut aller jusqu’à 3 semaines. La durée s’adapte en fonction de la personne et du temps qui lui est nécessaire pour lui permettre de faire un véritable break et un point sur sa situation.

 

De ce fait, il n’existe pas de séjour de répit standard, chaque séjour est différent selon le projet de la personne, les circonstances de sa venue, ses capacités physiques. Le Comité l’aide dans son cheminement personnel. Une relation de confiance et de convivialité a vocation à se développer afin que la personne puisse se confier, se livrer à l’éducateur référent et ainsi partager les raisons de son mal-être.

 

 

Moyens

-          Au plan humain : le personnel est choisi en fonction de ses qualités humaines et partage la philosophie du CFQIPS. Le Comité cherche toujours la personne qui correspondra au mieux au profil du client accueilli. Tout le personnel a bénéficié d’une formation spécifique délivrée par le Comité, s’appuyant sur les valeurs défendues par ce dernier. Certains se proposent comme bénévole effectuer un accompagnement à caractère touristique (destination exceptionnelle) et sont aussi formés par le Comité.

 

-          Au plan financier : La personne supporte le coût du séjour, parfois la MDPH participe dans le cadre de la PCH. Le Comité ne bénéficie d’aucune subvention, et fonctionne en autofinancement, ce qui n’est pas simple car sa gestion doit être menée de façon très rigoureuse pour qu’il puisse continuer à exister. Les choses semblent bien plus simples côté québécois.

 

-          Au plan Matériel : Le Comité loue le local administratif de 200m² dans lequel il se situe. Tous les lieux de séjours sont loués au coup par coup. Si le Comité avait des locaux fixes, les possibilités de séjours seraient limitées. Les techniques proviennent du Québec et sont réadaptées selon les interventions à effectuer. Au plan administratif, les agréments « tourisme » et « vacances adaptées organisées » sont utilisés.

 

 

Evaluation

 

L’objectif de départ était « de tendre vers l’idéal en passant par le réalisable et en commençant par le possible immédiat ». Le Comité ne s’est jamais questionné sur les moyens dont il allait pouvoir disposer : il fallait commencer et les moyens allaient être trouvés chemin faisant. Avec un tel objectif, l’idéal n’est jamais atteint et évolue en permanence.

 

Le collectif est contraire au bon sens, alors que l’individualisation est la solution. En effet, une personne ordinaire ne vit pas en collectivité et ne voit pas sa vie téléguidée par d’autres. Au nom de quoi une personne en situation de handicap devrait-elle supporter cela ? Il faut donc que la personne déficiente intellectuelle bénéficie aussi du droit de choisir la vie à laquelle elle aspire.

 

Les satisfactions engendrées par ces séjours de répit sont nombreuses pour les membres du Comité. Tout d’abord, il y a le sentiment de pouvoir œuvrer dans le projet personnel de réalisation des personnes. D’autre part, le Comité se soit comme une alternative, capable de répondre aux préoccupations des professionnels, des équipes qui partagent les mêmes valeurs. Il s’agit d’apporter une contribution (très modeste, au regard des besoins) à l’amélioration du quotidien des personnes déficientes intellectuelles.

 

On constate également que les séjours sont bénéfiques aux personnes. Jamais les membres du comité n’ont été confrontés à des actes de violence. Le fait d’être dans un autre contexte environnemental humain amène les personnes à être différentes. Les établissements reconnaissent d’ailleurs que ces séjours ont des effets positifs sur ces dernières.

 

Le financement apparaît comme la seule limite à l’action du Comité. La mise en place de tels séjours est tout à fait possible dans d’autres lieux, à condition de partager les valeurs défendues par le Comité ainsi que sa philosophie.

 

Langue d'origine : Français
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