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Accueil Ecole inclusive Sainte Jocelyne Le groupe scolaire Sainte Jocelyne accueille environ 40 enfants ayant un handicap dans un effectif de 425 élèves, Cotonou, Bénin
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Ecole inclusive Sainte Jocelyne
  • Lot 2120 Menontin ------ Cotonou Bénin
  • +229 21 38 74 23
  • saintejocelyne@nullgmail.com
  • Perpétue Afomace
  • saintejocelyne@nullgmail.com


Le groupe scolaire Sainte Jocelyne accueille environ 40 enfants ayant un handicap dans un effectif de 425 élèves, Cotonou, Bénin

  • Enfance : Éducation spécialisée
  • Afrique : Bénin
  • Fiche d'expérience

Par Perpétue Afomace le 28/12/2016

Avec notre crèche, notre maternelle et notre école primaire, nous prenons en charge globalement l’éducation et l’instruction de nos enfants sans ségrégation aucune; d’où l’inclusion des enfants porteurs de handicap,

I/Le contexte

Le complexe scolaire Sainte Jocelyne est situé dans un quartier périphérique de Cotonou appelé Mênontin. Etant sensible à la différence,  j’ai créé cette école en 2002, avec pour objectif d’accompagner les enfants de toutes catégories à un plein épanouissement. J’ai été enseignante dans le secteur public pendant 22 ans avant de me lancer dans cette aventure.

J’ai commencé avec une seule salle en haut de ma maison que j’ai agrandie au fur et à mesure en construisant une salle de cours par an. Aujourd’hui l’effectif est de 425 enfants répartis dans 9 classes dont certaines sont doublées. Nous avons 2 classes  maternelles dédoublées, 6 classes en primaire, une classe secondaire, la 6ème. Il y a aussi la crèche garderie. Les enfants peuvent déjeuner sur place s’ils le souhaitent.

Parmi les 425 enfants,  42 ont un handicap ou des besoins spécifiques. Nous avons en majorité des enfants ayant une trisomie, d’autres  un trouble autistique, certains avec IMC, et d’autres d’origine incertaine. 

Pour l’encadrement de ce beau monde, Sainte Jocelyne Group dispose d’une équipe composée :

  • d’un personnel enseignant ;

  • d’un personnel administratif ;

  • d’un personnel non enseignant pour soigner les enfants et entretenir la maison ;

  • d’un psychologue, un orthophoniste et un kinésithérapeute qui interviennent régulièrement dans l’école.

    Le complexe scolaire dispose aussi d’une bibliothèque, d’une médiathèque, d’une aire de jeux et activités culturelles.

II/Historique de Sainte Jocelyne Group

Lorsque j’étais enseignante, je constatais que les enfants ayant un handicap n’étaient pas les bienvenus à l’école publique ; ou lorsqu’ils étaient acceptés, le personnel enseignant, vu les difficultés s’arrangeait pour les faire sortir. J’ai reçu des enfants dont les parents pleuraient parce qu’ils étaient exclus de l’école. Cette discrimination m’a poussé à mûrir mon projet de création d’une école inclusive.

 Mon parrain, psychiatre et sa femme psychologue m’ont beaucoup inspiré aidé et soutenu. Deux ans avant l’ouverture de l’école, mon amie Jocelyne avec qui j’étais très proche et qui m’inspirait est décédée de son handicap, après s’être battue pour mener une vie digne. C’est même à  cause d’elle que j’ai créé l’école en partie afin qu’on y travaille ensemble.

La première année,  j’ai accueilli un enfant  qui,  à la naissance avait été réanimé. Je l’ai accompagné en collaboration avec ses parents. Cet enfant est aujourd’hui en classe de 4èmeor au début on ne pouvait jamais s’imaginer le récupérer. Il n’écoutait pas les consignes et faisait régulièrement des crises de nerfs, pleurait pour tout,  hurlait et était très agressif.

 

III/Le fonctionnement de l’école inclusive

Je n’ai pas grands moyens. J’essaie de  mettre tous les enfants dans les mêmes conditions. Quand un enfant porteur de handicap demande à s’inscrire, je le mets dans la classe qui lui convient en fonction de ses acquis. Il reste le plus possible avec son groupe classe. Même si l’enfant n’a pas le  niveau de la classe, il est suivi de manière spécifique dans la classe. Souvent il peut ne pas faire les mêmes exercices que ses pairs.  C’est là que se situent les difficultés avec les enseignants, car cela leur exige des acrobaties. Nous faisons un planning selon chaque enfant ayant un handicap, un projet individualisé. J’interviens personnellement pour veiller à ce que ce projet soit appliqué et suivi par le maître. La psychologue intervient dans les projets pédagogiques. Le maître reçoit le projet pour le mettre en œuvre. L’orthophoniste travaille avec les enfants de manière individuelle en dehors de la classe.    

Le maître mot est : il faut être attentif à leurs besoins, être disponible. La première des choses que nous leur donnons c’est de l’amour, la deuxième, de l’attention. Bien que l’on sente un développement social chez certains, sur le plan des acquisitions, certains  avancent mais difficilement. Dans les acquisitions scolaires, on note du progrès chez certains et moins chez d’autres. De façon générale, nous insistons sur la sécurité. Car Il est nécessaire de mettre des garde-fous. Certains peuvent avoir des crises et  être violents. C’est pourquoi il y a neuf dames de ménage. Elles sont là pour surveiller les enfants qui sortent de classe. Elles les suivent sans les harceler. Cette rigueur dans l’encadrement est essentielle.

 

IV/Les moyens

Les enseignants sont recrutés en fonction de leur formation de base et nous leur donnons parfois un complément de base pédagogique et surtout psychologique. Seuls deux enseignants ont une formation spéciale sur la douzaine qui constitue l’équipe enseignante. Ils savent que c’est  une école inclusive, avec des enfants à besoins spéciaux. Au recrutement, j’essaie de voir s’ils ont la fibre nécessaire mais ce n’est pas toujours simple. Mon adjoint a une attention particulière à ces enfants ainsi qu’une autre enseignante. Je m’appuie beaucoup sur eux pour entrainer les autres. J’ai été amené à renvoyer un enseignant qui s’est permis de taper l’un des enfants. C’est pour dire que les enfants sont traités avec beaucoup d’amour. L’effectif est en moyenne trente enfants par classe dont 4 à 5 enfants avec des besoins spécifiques. Ils sont répartis dans toutes les classes.   Les enseignants consacrent une partie de leur temps à ces enfants tout en assurant la classe pour les autres. Les enfants à besoin spécifiques sont interrogés de la même manière. Mais pour les exercices, ils sont spécifiques.

Concernant nos besoins en matériels, ces enfants n’en ont jamais assez, car ils cassent et déchirent plus que les autres. Alors il faut remplacer. Si vous n’avez plus de matériel, les enfants s’ennuient et causent plus de désordre.

Nos méthodes pédagogiques  sont  spéciales. Le temps est notre meilleur allié.

Les enfants avec handicap inscrits sont censés payer plus cher que les autres. Mais ce n’est que sur le papier. Car souvent les parents ne paient pas ou paient très mal. Certains pensent que c’est de l’argent gaspillé, ils ont le sentiment de payer pour rien car selon eux ces enfants ne pourront rien faire de leur éducation.  

 

 

 

V/Evaluation,  enseignements.

J’estime avoir atteint mes objectifs de départ avec l’inclusion d’enfants ayant un handicap dans une classe ordinaire. Je fais l’effort de ne pas dépasser 10 % de l’effectif. Cela me semble être le pourcentage raisonnable. Cela ne semble pas régler les problèmes des parents ayant des enfants handicapés car quand bien même ils ne sont pas prêts à payer ; ils rêvent de trouver l’emplacement où ils les laisseront pour aller travailler.

Ma plus grande satisfaction est qu’au niveau des enfants non handicapés, ils développent de grandes valeurs, telles que l’entraide, l’acceptation de l’autre avec sa différence, le partage. Certains viennent en aide pour le repas, tiennent la main pour monter les marches. Ma deuxième satisfaction est la socialisation des enfants handicapés. Quelques mois après leur admission, ils savent que les autres sont leurs amis  et trouvent du plaisir à vivre avec nous. Il se forme une communauté parmi eux. J’ai vu un enfant donner sa chaussure à un autre pour qu’il puisse rentrer chez lui.

Mon évaluation après une trentaine d’années dans le domaine  éducatif est que de façon générale nous disons que l’éducation est la chose la plus importante pour tout développement. Nous pensons aussi que l’éducation doit être pour tous (fille comme garçon). Je crois que ce n’est pas tout. L’éducation pour tous n’a pas encore atteint la cible des handicapés. Il faut que tout le monde y pense. Il faut commencer par un accompagnement psychologique des parents qui n’ont pas demandé à avoir un enfant porteur de handicap. Enfin, il faut inclure effectivement tous les enfants dans toutes les écoles sans discrimination, afin de bannir pour toujours la stigmatisation et faire taire les parents qui ne supportent pas le handicap pour que vive l’inclusion pour le bonheur de la société où est absente toute discrimination

 

 

 

 

Langue d'origine : Français
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