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Accueil Association des Vulnérabilités des Energies et des Compétences - AVEC L'accompagnement personnalisé pour une intégration durable en milieu de travail ordinaire, Paris, France
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Association des Vulnérabilités des Energies et des Compétences - AVEC
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L'accompagnement personnalisé pour une intégration durable en milieu de travail ordinaire, Paris, France

  • Travail et activité : Intégration en entreprise
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par Simao Carvalho le 18/10/2011

AVEC, grâce à un accompagnement spécifique et adapté, de réaliser leur projet professionnel d'intégration en milieu de travail ordinaire, dans une entreprise accueillante.
1. Le contexte
 
L’association AVEC (Association des vulnérabilités, des énergies et des compétences) est née en mars 2010. Aujourd’hui, ce sont Marie-Paule Blanchard et Simão Carvalho, les deux techniciens de l’intégration de l’association, qui mettent en relation les personnes reconnues comme ayant le statut de travailleurs handicapés, et les entreprises qui les embauchent.
 
Parmi les personnes en situation de handicap qui font appel à eux, on retrouve tous les types de handicaps : physique, cognitif, mental ou psychique. Ils ont 28 ans en moyenne, mais on trouve aussi bien des seniors que des juniors. Du côté des entreprises, Simão et Marie-Paule sont sollicités pour rechercher les profils dotés des compétences nécessaires à l’entreprise. AVEC compte parmi ses références des sociétés telles que Starbucks, Michel et Augustin, Disney store... L’association suit actuellement 14 personnes dans le cadre de l’accompagnement en entreprise, et accompagne 15 autres candidats dans leurs démarches d’accès à l’emploi (dont 7 qui finalisent leur embauche, en vue de réaliser un projet professionnel qui leur est propre dans une entreprise qui sera à l’écoute de ce projet).
 
La mission d’AVEC se décline donc en deux axes :
  • d’une part, le maintien à l’emploi des personnes ayant la reconnaissance de travailleur handicapée en entreprise ;
  • d’autre part, la création d’un cadre de rencontre et de confiance où candidats et entreprises mettent en œuvre une collaboration durable qui prenne en compte les besoins et attentes de chacune des parties.
 
2. La finalité de l’expérience
 
Marie-Paule a occupé le premier poste en France d’enseignante spécialisée dans une classe intégrée en lycée pour adolescents présentant une déficience intellectuelle. Cette expérience s’est avérée très positive, à la fois pour l’ensemble des élèves, pour le personnel, et pour le lycée. Les élèves sortant de la classe spécialisée trouvaient assez rapidement du travail en entreprise, mais souvent devaient la quitter au bout de 2 à 4 ans en raison de l’absence d’accompagnement adéquat. Face à ce constat, l’idée est donc venue d’accompagner ces salariés dans la durée grâce à une stratégie de maintien dans l’emploi. Depuis la loi du 11 février 2005, de grandes entreprises font appel à l’association pour rechercher des employés ayant un statut reconnu de travailleur handicapé, et dont le projet professionnel et les compétences répondent aux besoins opérationnels repérés. C’est donc à l’endroit d’une rencontre possible entre ces deux parties que répond l’action de l’association.
 
Lors de l’élaboration du projet du candidat, l’association peut rencontrer aussi les familles, les partenaires de soin le cas échéant, tous les autres acteurs de l’intégration concernés. Chaque cas est unique et nécessite une solution unique qui satisfasse à la fois la famille, le candidat et l’entreprise. Si nécessaire, les salariés présentant un handicap sont orientés vers des formations spécifiques ou complémentaires (AVEC est aussi organisme de formation) qui permettent d’accroître leur efficacité et leur productivité au travail.
En dehors des activités professionnelles de la semaine, des moments de détente, de rencontre et de loisirs sont proposés tous les samedis par l’association et organisés par les bénéficiaires, ces activités permettant également de lutter contre les risques d’isolement, nourrissant des amitiés et développant les autonomies : visites de salons, cinéma, bowling...
 
Comme le souligne Marie-Paule Blanchard, il aurait été inconcevable, il y a encore quelques années, qu’un élève présentant une déficience intellectuelle puisse être scolarisée dans un lycée, voire même qu’il puisse être embauché dans une entreprise. Bien que les mentalités aient changé depuis, il reste encore beaucoup à faire pour que la société actuelle considère non pas le handicap mais le potentiel dont disposent les candidats qu’AVEC accompagne. Ce changement de représentations, cette nouvelle approche est directement en jeu quand se discute le profil de poste, et la rencontre d’un candidat.  Tout le défi d’AVEC réside dans le fait de faire apparaître et de valoriser les compétences plutôt que les diplômes d’un candidat auprès de l’entreprise.

 
3. Les différentes étapes de l’accompagnement en entreprise
  
1/ Tout projet d’accompagnement débute par une prise de contact entre AVEC et une personne ayant la reconnaissance de travailleur handicapé, ou une entreprise.
 
2/ La deuxième étape consiste à définir et formaliser les besoins spécifiques de l’individu ou de l’entreprise. Dans le cas d’un candidat, il s’agira d’écouter la personne et d’apprendre à la connaître pour bien comprendre son projet professionnel, ses attentes, et arriver à cerner ses compétences ainsi que ses difficultés, pour ensuite valoriser son profil. Dans le cas d’une entreprise, il s’agira de formaliser avec elle les besoins opérationnels et de réfléchir ensemble aux tâches qui pourraient être confiées à un travailleur handicapé selon les compétences de celui-ci, dans le but d’améliorer la productivité de l’entreprise.
 
3/ En troisième lieu, AVEC favorise la rencontre entre l’entreprise qui pourrait accueillir le travailleur, ou le(s) candidat(s) qui correspondent à la fiche de poste définie avec l’entreprise. Cela peut impliquer de retravailler l’offre de départ : d’une offre d’emploi à temps plein à la caisse d’une chaîne de restauration rapide, on peut passer à une offre à temps partiel sur les plages horaires où les clients sont les plus nombreux et où l’activité en caisse est tellement prenante pour les employés « ordinaires » que les tâches comme le nettoyage de la salle, le débarrassage des tables, la vaisselle, le réapprovisionnement des buffets sont négligées. On se rend alors compte que toutes ces tâches qui peuvent sembler « secondaires » au premier abord sont une charge pendant ces heures de pointe, et constituent un poste à part entière, et qui peut tout à fait être confié à une personne en situation de handicap devenue alors indispensable !
 
4/ Enfin vient le stage d’un mois en entreprise pour valider l’opérationnalité de(s) candidat(s) sélectionné(s). Si le stage est concluant, vient ensuite la signature du contrat tenant compte de toutes les spécificités de l’individu et de l’entreprise. Sinon, soit AVEC se tourne vers d’autres pistes de recherche, soit on renouvelle le stage dans le cas où celui-ci n’aurait pas permis de tirer de conclusions, ou si le bilan est mitigé. Après la signature du contrat, l’association continue l’accompagnement du salarié en entreprise pour que celui-ci s’intègre au mieux et de façon durable.
 
Il n’y a pas de durée « standard » pour l’accompagnement des bénéficiaires d’AVEC. Celui-ci peut être court, pour un candidat avec un handicap physique léger et simplement stressé de reprendre un travail, à plusieurs années quand le handicap est lourd, ou que des fragilités récurrentes apparaissent…

 
4. Les moyens
 
Tout au long du processus d’accompagnement, les techniciens d’AVEC travaillent avec d’autres acteurs de l’intégration, tels les médecins et les psychologues par exemple. En effet, la réussite professionnelle est liée aussi aux autres secteurs de la vie (famille, amis…), nous sommes éventuellement en lien avec ceux-ci, tout en veillant à rester dans le champ de nos propres compétences. Toutes ces étapes doivent se dérouler dans un espace favorisant la discussion, la négociation du cadre de l’accompagnement dans un climat de confiance réciproque. Par ailleurs, AVEC, chaque mois ou une fois par trimestre, fait un point précis avec le bénéficiaire et son responsable en entreprise. Notre présence favorise l’expression libre et précise des difficultés ou des craintes de chaque partie, des questions se posent, une dynamique se créée qui favorise finalement l’intégration du salarié dans la société.
 
Jusqu’ici, M. Simão Carvalho est le seul salarié de l’association. Marie-Paule Blanchard, la fondatrice, elle, est bénévole. L’association bénéficie depuis peu du statut d’organisme de formation, ce qui lui donne aussi l’occasion de partager son expérience avec d’autres acteurs du secteur médico-social, en plus de la rencontre avec les équipes de travail dans les entreprises, au cours de sessions de formation continue.
 
Sur le plan financier, AVEC reçoit des prestations de l’Agefiph à la signature d’un contrat individuel de travail, et ce pendant les deux premières années d’accompagnement du salarié. En revanche, tout le travail situé en amont du contrat, à savoir la recherche de l’entreprise/du candidat, la définition des tâches et du poste adéquat par exemple restent à la charge de l’association. Or, ce travail préliminaire est en fait une des clés de la réussite de tout ce qui suit. Et cela, le groupe Starbucks l’a bien compris : la société et l’association sont désormais partenaires et ont signé un accord dans le cadre duquel Starbucks finance donc le travail d’AVEC en deça et au delà du suivi dans l’emploi qui dure lui deux ans, ainsi que l’accompagnement de l’évolution professionnelle des bénéficiaires au sein du groupe.
 
 
5. L'évaluation
 
Le partenariat signé avec Starbucks est un témoignage parmi d’autres de salariés, d’employeurs et de familles pour qui l’expérience AVEC est une réussite. Les salariés s’épanouissent dans le cadre de leur travail ; cela est particulièrement visible chez une jeune femme qui a été précédemment placée en ESAT*, où elle était considérée comme quelqu’un avec de faibles capacités, et qui travaille actuellement dans une chaîne de restauration rapide, où elle a largement fait ses preuves et est appréciée pour l’efficacité et la qualité de son travail. Le fait de lui avoir confié des responsabilités a fait régresser son handicap, ce que l’on observe chez de nombreuses personnes dans la même situation, à la suite d’un parcours d‘intégration similaire.
 
Marie-Paule et Simão constatent dans le même temps un réel changement au niveau des entreprises, même s’il reste encore beaucoup à faire. Comme Starbucks, le groupe Michel et Augustin est un autre exemple d’entreprise qui a fait l’effort de définir des tâches simples, en concertation avec l’ensemble de ses employés. Dans ces cas, on constate à quel point ces intégrations sont facteur de mobilisation du personnel, source de questionnements et d’améliorations tant sur l’organisation du travail que sur l’ambiance au sein de l’équipe.
Sur le long terme, AVEC souhaiterait pérenniser ce type d’accompagnement, et voir se multiplier le nombre d’associations qui s’engagent dans ce type de mission, et lutter ainsi contre les préjugés et les représentations négatives encore fortes dans le monde du travail.
 
 
 
 
 *Etablissement et Service d’Aide par le Travail
    Langue d'origine : Français
    anne Chabert d'Hières
    25/04/2014 09:38
    Un travail formidable
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