Aller au contenu. | Aller à la navigation

Accueil FONDATION DES AMIS DE L'ATELIER Exercer pleinement ses droits, dont celui d'avoir un enfant, un accompagnement à la parentalité en SAVS, France
Pour aller plus loin
FONDATION DES AMIS DE L'ATELIER
  • 17 rue de l'Egalité 92290 CHATENAY-MALABRY France
  • 01 46 29 59 00
  • contact@nullamisdelatelier.org
  • esposito
  • ssa.chatenay@nulllesamisdelatelier.org
  • SAVS de Chatenay


Exercer pleinement ses droits, dont celui d'avoir un enfant, un accompagnement à la parentalité en SAVS, France

  • Vie sociale et quotidienne : Protection juridique
  • Europe : France
  • Fiche d'expérience

Par esposito le 06/08/2010

Les deux SAVS ont cherché à ce que les personnes qu'ils accompagnent puissent exercer pleinement leur droit, dont celui d'avoir des enfants. C'est ce qui est le fondement de tout le reste.
1- Contexte
Deux services d’accompagnement à la Vie Sociale (SAVS) « les hauts de Clamart » et Châtenay sont situés à 20 km au Sud de Paris dans la grande banlieue. Ils accompagnent 128 personnes adultes. Ces personnes relèvent pour moitié du handicap mental ou du handicap psychique, résultant d’une maladie psychiatrique stabilisée.
La majorité d’entre elles travaillent en ESAT -Etablissement ou service d’aide par le travail, d’autres vont à l’hôpital de jour, d’autres encore dans des centres de jour.
Toutes vivent en appartements intégrés dans la ville, soit en studio soit dans les appartements de l’association qu’elles se partagent à 2 ou 3.
La moyenne d’âge est d’environ 36 ans. Une enquête menée sur l’association a révélé que sur 210 travailleurs accueillis dans trois ESAT du département, on compte l’existence de 40 enfants.

2- Finalité

Les deux SAVS ont cherché à ce que les personnes qu’ils accompagnent puissent exercer pleinement leur droit, dont celui d’avoir des enfants. C’est ce qui est le fondement de tout le reste. Dans l’esprit des gens, une personne avec un handicap mental ne peut pas procréer. Certes, elle peut être défaillante, mais elle a un droit à compensation.
La législation française n’interdit pas à une personne handicapée d’être parent. Notre accompagnement ne peut ignorer le désir d’enfant, ni les enfants des personnes que nous accueillons.

3- la mise en œuvre

Nous avons dans un premier temps répondu aux besoins d’une femme enceinte seule face à sa situation. Notre première démarche a été d’entendre le désir d’enfant de cette femme et son désir de le mettre au monde. Si elle avait eu le souhait d’avorter, nous l’aurions accompagnée dans ce choix.
Le désir d’enfant étant avéré, un accompagnement de la future mère s’est mis en place avec le médecin et le service de la maternité de Béclère, à Clamart.
Selon les besoins, d’autres instances ont pu être sollicitées : la famille, la protection maternelle infantile PMI , le planning familial, l’aide sociale à l’enfance, les unités mères enfants des hôpitaux spécialisés.

Un partenariat avec la maternité et avec les structures existantes s’est mis en place pour l’accueil d’une maman avec un handicap. Des réunions de coordination ont eu lieu. La PMI intervient dans la préparation aux soins à donner à l’enfant, à apprendre à faire des biberons... Ces rencontres se font en présence de l’éducateur accompagnant, il aide la puéricultrice à adapter son enseignement et à comprendre la spécificité du handicap. Des participations aux groupes de préparation à l’accouchement ou en groupe à la piscine sont aussi accompagnées de l’éducateur référent.
Il nous est arrivé de devoir être présent au moment de l’accouchement, pour suppléer la famille.
Quand l’enfant est né, la maternité accueille la mère et l’enfant plus longtemps, soit pendant 8 à 10 jours pour l’apprentissage des gestes et l’évaluation des capacités de la maman. On voit alors si les choix fait avant la naissance sont pertinents.

Lorsque le retour à la maison est possible un dispositif d’accompagnement est mis en place par le SAVS. Une technicienne en intervention sociale et familiale de la PMI peut intervenir aussi de manière régulière à domicile, puis les partenariats se poursuivent avec les crèches et l’école.
Lorsque le retour à la maison n’est pas souhaitable de suite, la possibilité d’accueil en foyer maternel sera envisagé pendant les trois premières années de l’enfant, toutefois cette solution peut poser des difficultés : le bail résilié à l’entrée en foyer maternel, 3 ans plus tard, la maman doit retrouver un logement. L’enfant ayant finalement été placé en famille d’accueil, d’une situation stable la personne est passée à une situation instable, plus fragilisée.
La personne handicapée peut être dirigée depuis la maternité vers une unité mère enfant en hôpital pour 3 mois, avant le retour à la maison.

Si l’enfant est en pouponnière, l’ASE décide d’un placement en famille d’accueil le SAVS peut alors être présent lors des visites des parents ou bien du retour dans la famille,.
Quand il y a un couple la parentalité est exercée plus aisément qu’en cas de famille monoparentale.



4. Les moyens humains et financiers

Pour accompagner les 128 résidents, les deux services disposent d’une équipe de 22 éducateurs, d’une psychologue et du personnel administratif.
Une famille est suivie particulièrement par un référent, mais toute l’équipe d’accompagnement peut être amenée à intervenir.
Au service de Clamart, devant le refus de l’aide de la PMI par une famille, un soutien a été mis en place pour un enfant de 4 ans afin de trouver avec eux des dispositifs d’aides complémentaires. Nous accompagnons la famille dans des lieux qui favorisent la relation parents-enfants comme la maison bleue ou centre équivalent, la ludothèque (prêt de jeux, de livres). Dans le cadre d’un suivi de la scolarité, les référents participent à des rendez vous avec l’école, aux synthèses pour sensibiliser aux dispositifs existants…


5. le bilan

L’idée de mettre en œuvre ce qui est nécessaire pour donner à l’enfant une chance de rester dans sa famille est première.
Actuellement pour les grossesses que nous avons accompagnées : trois enfants sont dans leur famille. Ils ont 5 ans, 3ans, 1 an, deux sont en famille d’accueil, un est dans une pouponnière.
Nous avons été amené à accompagner un couple dont le décès in-utéro de l’enfant a été décelé lors d’une visite de contrôle, aide psychologique et lorsque la fausse couche a été provoquée.
Pour nous, l’essentiel est de voir l’enfant grandir auprès de ses parents, de voir le désir de parentalité/natalité comblé. Certains, mais pas tous, revendiquent pleinement leurs droits d’être parents et assument aussi pleinement leurs devoirs.
Des relations d’échanges se tissent entre des mères travaillant dans le même ESAT.

Une des avancées les plus positives a été l’acceptation du SAVS comme partenaire des professionnels de l’enfance, PMI, Maternité. Une table ronde nous a permis un partage mutuel d’expériences. Une grille d’habileté parentale a été établie avec les différents partenaires, à destination des professionnels.
Cela a permis de faire émerger le projet d’un SAVS d’aide à la parentalité.
Langue d'origine : Français
Ajouter un commentaire

Vous pouvez ajouter un commentaire en complétant le formulaire ci-dessous. Le format doit être plain text. Les url et les courriels sont transformés en liens cliquables. Les commentaires sont modérés.

Question: 10 + 4 = ?
Votre réponse: