Les clubs du Samedi, pour les enfants différents et les autres, un facteur d’intégration choisi par Rayon d’espoir, Liban
Au Liban ,à Zahle ,le « club du samedi » mis en place par l’association Rayon d’espoir a permis de faire tomber les tabous .Accepter et partager ensemble des activités entre enfants « normaux » et handicapés est un pas vers la tolérance et le dialogue sans préjugés.
« Le club du samedi «, un exemple d’ intégration : N’ayons pas peur de nos différences.
Le contexte
L’association Rayon d’espoir a été créée dans la ville de Zahle au Liban dans la plaine de la Bekaa.
La création de l’institution fut avant tout motivée par le désir de répondre à un besoin concernant les personnes handicapées mentales de Zahle et de sa région.
L’isolement social de personnes handicapées ainsi que de leurs familles est important au Liban.
Le handicap est encore considéré comme une honte et un tabou ; il n’y a pas de détection précoce des enfants handicapés, seulement au moment de la scolarisation. La réponse de l’état est inexistante ; il n’y pas de suivi personnalisé.
La participation financière de l’état ne couvre que partiellement les frais de fonctionnement du centre et la très grande majorité des parents d'élèves ne contribuent pas aux frais de scolarité faute de moyens.
Rayon d’espoir est un institut qui accueille près de 125 personnes ayant des besoins spéciaux tels que des retards mentaux légers et lourds, des retards scolaires et sociaux culturels, des troubles
Rayon d’ espoir est constitué d’ un institut médico- éducatif ; d’ un institut médico-professionnel et d’ un centre d’ aide par le travail( mise en place d’ ateliers professionnels et agricoles ). Le personnel se compose de 23 personnes salariées dont plusieurs à temps partiel sans oublier des bénévoles et des volontaires (psychomotricienne, éducateurs).
Le pole éducatif englobe tout ce qui est adressé directement à l’élève : activités scolaires, éducatives, pédagogiques et récréatives. L’encadrement est assuré par des éducatrices spécialisées qui assurent des cours scolaires, des activités parascolaires et de sensibilisations avec de nombreux intervenants extérieurs.
Après la guerre de 2006, les enfants sont restés traumatisés et désœuvrés. Dans le contexte d’une meilleure intégration, nous avons créé « le club du samedi ». Nous avons souhaité mettre en place des ateliers très variés : peinture, musique, sport, théâtre, informatique, mais aussi éveil à la citoyenneté, sorties culturelles, ….
La population qui fréquente ces activités est mixte, c’est à dire des enfants ordinaires et handicapés.
Nous souhaitions à travers ce projet réussir à mieux intégrer les jeunes à besoins spéciaux et à éduquer les autres à la solidarité, ce qui participe à la non discrimination.
Finalité de l’expérience vécue
L’objectif du « Club du samedi » est de favoriser l’intégration de nos enfants auprès d’autres enfants ordinaires. Nous avions auparavant par l’intermédiaire de notre colonie de vacances commencé à établir une passerelle entre enfants handicapés et enfants normaux.
Nous nous sommes servis de cette réalisation pour démarrer le club. En effet nous avons commencé par convaincre les enfants de la colonie de participer aux activités du club.
Cette intégration a demandé beaucoup de patience, de persévérance et de conciliation de la part de l’équipe pédagogique qui s’est investi complètement dans ce projet. Quel meilleur résultat que de voir des enfants heureux, épanouis, des parents retrouvant une certaine considération et d’autres enfants et parents acceptant la différence de l’autre.
Le « club du samedi » a été entièrement autofinancé sur les fonds propres de l’association. Aucune participation n’a été demandée aux parents pour le fonctionnement du club et pour assurer le transport des enfants aller et retour.
La mise en œuvre ? le déroulement ?
Le club du samedi a démarré à la rentrée scolaire 2006-2007.
Les activités mises en place sont assez variées :
Théâtre ; musique ; danse ; travaux manuels (sculpture, peinture, gravure, couture,…) ; sorties culturelles ;
Pour l’encadrement, l’équipe pédagogique fonctionne en alternance un weekend sur deux par équipe d’environ 10 personnes. Ceci nécessite un investissement en temps pour la préparation et l’organisation des activités. Pour intéresser les jeunes, il faut être créatif, renouveler et proposer
Quels sont les moyens dont vous avez eu besoin ?
Au niveau humain ; l’investissement de l’institution a été exemplaire ; malgré les contraintes, l’ensemble de l’équipe pédagogique et administrative a pris sur son temps pour assurer le fonctionnement du « club du samedi »
Quelle évaluation faites-vous de cet accompagnement ?
Dire que les objectifs ont été atteints dans leur intégralité ne serait pas la vérité mais ils ont permis de faire un premier pas vers la reconnaissance de l’enfant handicapé. Accepter que l’autre soit différent a permis d’initier un échange et de faire tomber certains tabous entre les enfants et les parents.
L’enfant handicapé se sent valorisé ainsi que ses parents. Les enfants normaux ainsi que leurs parents apprennent la tolérance et l’affectivité. L’équipe pédagogique voit dans cette démarche une suite logique qui va dans le sens de l’autonomie.
Les difficultés ont été surtout d’ordre financier. Convaincre les parents d’enfants normaux a été un travail de longue haleine et qui pouvait être remis en cause à tout instant. La motivation et la créativité de l’équipe sont une des conditions de la réussite du « club du samedi ».
Nous espérons redémarrer « le club du samedi » pour la rentrée 2010 avec la participation financière d’ASMAE .Sans argent, rien n’est possible ; un budget de fonctionnement est nécessaire ainsi que de nouveaux investissements en matériels (informatique, instrument de musique et divers matériaux pour les activités artistiques).
Cette démarche peut être initiée dans la plupart des associations avec une implication et une motivation de l’équipe éducatrice.
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